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Nouvelles perspectives sur l’anaphore

Points de vue linguistique, psycholinguistique et acquisitionnel

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Marion Fossard and Marie-José Béguelin

Longtemps limitée à une simple perspective textualiste, l’anaphore a, ces vingt dernières années, été l’enjeu de nombreux travaux influencés par les forts courants de la linguistique du discours ainsi que par les approches cognitives, pragmatiques et, plus récemment encore, interactionnelles de la référence. Phénomène discursif éminemment complexe, l’anaphore met en jeu des mécanismes informationnels, mémoriels et inférentiels variés, que de nombreux modèles, linguistiques et psycholinguistiques, ont cherché à capter.
Le propos du présent ouvrage est double : proposer un bilan épistémologique mettant au jour, parmi les modèles et approches proposés, ceux qui ont résisté au temps (et aux modes) ; pointer les aspects du phénomène anaphorique qui nécessiteraient des investigations complémentaires. En abordant l’anaphore de manière interdisciplinaire, ce livre vise aussi à décloisonner des domaines de recherche qui trop souvent s’ignorent : il rétablit le dialogue entre approches linguistiques, psycholinguistiques et acquisitionnelles, tout en faisant place aux perspectives orientées vers la logopédie et le TAL (Traitement Automatique du Langage).
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L’emploi du clitique ils à valeur indéterminée en français : entre interprétation anaphorique et interprétation existentielle: Laure Anne Johnsen

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L’interprétation « indéterminée » du clitique de 3e personne du pluriel, comme dans ils ont encore augmenté les impôts, repris du titre d’un article de Kleiber (1992), a fait l’objet d’un certain nombre d’études, souvent guidées par la notion d’anaphore, considérée comme centrale dans le fonctionnement des clitiques de 3e personne2. De ce point de vue, cet emploi est jugé comme un cas particulier, puisqu’il ne manifeste pas les propriétés habituellement reconnues de « l’expression anaphorique par excellence » (Kleiber, 1990 : 26), à savoir continuité, saillance et identification référentielles. Il est de ce fait souvent considéré comme relevant de l’anaphore indirecte, impliquant l’inférence du référent dans le processus interprétatif. Toutefois, certains travaux proposent une approche différente, suggérant l’existence d’une interprétation existentielle de ils, au côté de quantificateurs tels que on ou quelqu’un. Notre objectif est de mener une étude empirique sur un corpus de français parlé spontané, afin de répertorier les différents cas de figure représentés par les occurrences du clitique de 3e personne du pluriel en position de sujet. On verra qu’une partie des données manifestant une certaine indétermination se laissent décrire en termes ← 99 | 100 → d’anaphore, moyennant un processus inférentiel, alors que d’autres relèvent d’une analyse existentielle, consistant à mettre au premier plan l’expression du procès sans présupposer l’existence d’un agent. On s’interrogera pour finir sur la frontière entre ces...

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