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Les Fenians d’Irlande

Une lecture du nationalisme révolutionnaire irlandais

Sophie Ollivier

Cet ouvrage met en lumière le rôle joué par l’organisation révolutionnaire feniane, appelée Irish Republican Brotherhood (IRB), depuis sa création en 1858 jusqu’à sa dissolution en 1924. Après un survol de l’histoire de l’île, depuis l’Irlande libre jusqu’à son asservissement par l’Angleterre, un premier volet concerne l’insurrection des « Irlandais-Unis » (1798) et celle des « Jeunes-Irlandais » (1848). Ce sont des jalons qui mènent aux Fenians. A partir du chapitre III, l’auteur retrace les différentes étapes des luttes des nationalistes révolutionnaires fenians pour conquérir l’indépendance de l’Irlande et analyse l’impact des deux insurrections qu’elle a organisées, en 1867 et en 1916. Un second volet présente diverses facettes du fenianisme : ses rapports avec les sociétés agraires, l’Église catholique et les mouvements révolutionnaires de l’époque en Europe, sa passion des commémorations, sa conception de la révolution à travers les écrits de certains de ses chefs, de Yeats et de Seán O’Casey, et enfin son républicanisme. Les révisionnistes rejettent la vision héroïque des luttes révolutionnaires fenianes.
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Chapitre XI: Le retour posthume de l’exilé

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← 146 | 147 → Chapitre XILe retour posthume de l’exilé170

Terence Bellew MacManus (1823–1861), « un des personnages les plus séduisants de l’histoire de l’Irlande », selon son biographe Thomas G. McAllister171, n’est pas une figure de grande envergure. Toutefois, il est remarquable que son activité dans le monde des affaires (notamment à Liverpool où il se rend vers 1840 et travaille comme agent expéditionnaire) ne l’ait pas détourné de la politique. Très tôt, il s’était enthousiasmé pour la cause irlandaise. Son amitié avec Charles Gavan Duffy et son expérience de l’orangisme dans le comté de Monaghan « ont semé les germes de la révolte dans son esprit »172. Lorsqu’il se rend en Irlande le 8 octobre 1843, il est très déçu d’apprendre que Daniel O’Connell avait annulé la manifestation de Clontarf et il se tourne alors vers le mouvement de la « Jeune Irlande » dont il rencontre les principaux membres. Il organise des meetings en Angleterre, distribue des armes et prend part avec William Smith O’Brien à l’escarmouche de Ballingarry. Arrêté à Cork, le 30 août, à bord d’un bateau à destination de Boston, il est emprisonné, jugé, condamné à mort et voit sa peine commuée en déportation à vie en Australie. Il reste à MacManus douze ans à vivre. De Tasmanie il s’enfuit le 11 mars 1851 aux États-Unis. Sa vie à San Francisco, du 5 juin 1851 au 15 janvier 1861, est assez terne. Ses activités commerciales sont un échec; quant à ses activités...

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