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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre dixième : Le Mythe de Sisyphe ou l’Homme absurde

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« La plus expresse marque de la sagesse, c’est uneesjouissance constante » (Montaigne 1969, I, 276).

Nous avons étudié jusqu’à présent la spontanéité avec laquelle s’exprime la conception éthique du monde dans Noces en nous centrant sur la relation de Camus à l’Antiquité.

Le Mythe de Sisyphe marque une nouvelle étape dans l’œuvre de Camus puisqu’il s’agit de son premier ouvrage philosophique proprement dit. Dans Noces Camus exprime ce qu’il a éprouvé mais ne commente pas, comme il l’avait fait dans son mémoire, les enseignements des penseurs de l’Antiquité. En revanche dans Le Mythe de Sisyphe sa pensée a une tournure plus générale. Il se propose de parvenir aux résultats qu’il a atteints dans Noces, mais cette fois-ci, par le biais d’une pensée plus rigoureuse et systématique. Son but est le même, seul son itinéraire diffère. Il écrit dans la préface de l’Envers et l’Endroit : « […] du moins je sais cela, de science certaine, qu’une œuvre d’homme n’est rien d’autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l’art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le cœur, une première fois, s’est ouvert » (I, 38). Les essais de Camus, donc, représentent une seule et même tentative pour exprimer au moyen d’une pensée lucide et mûre ce que lui a fait entrevoir son exaltation de jeunesse. Toutefois, ce « cheminement » vers les sources de son être...

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