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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques ( Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires ( L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre onzième : Le mythe de Prométhée ou L’Homme révolté

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Dans L’Homme révolté Camus développe les idées exprimées dans Le Mythe de Sisyphe. Il ne faut pas s’attendre avec ce texte à un changement radical puisque sa pensée philosophique n’a pas subi de transformation profonde. Il examine des problèmes différents mais dans la même perspective. Cette constatation nous permet d’entrevoir l’écart entre Le Mythe de Sisyphe et L’Homme révolté. Dans Le Mythe de Sisyphe Camus examine l’homme comme individu, dans L’Homme révolté il l’analyse en tant qu’animal social. Pour simplifier, nous pourrions dire que Le Mythe de Sisyphe était à son auteur ce qu’était la Métaphysique à Aristote, tandis que L’Homme révolté correspond plutôt à la Politique. Camus décide de se pencher sur le comportement de l’homme absurde au niveau de la collectivité pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’homme ne vit et n’agit pas en individu isolé mais toujours au sein d’une communauté humaine. Même le Misanthrope n’est pas capable de vivre seul dans le désert et Robinson Crusoé a besoin d’un compagnon. De plus, l’époque moderne, avec son organisation complexe de la vie communautaire, accentue encore cette définition de l’homme comme être social. De nos jours, les passions sont plutôt d’ordre collectif qu’individuel. Enfin, une raison personnelle a déterminé Camus à rédiger Le Mythe de Sisyphe avant L’Homme révolté : lorsqu’il s’est mis à écrire Le Mythe de Sisyphe dans les années 1930, il était atteint d’une maladie jugée ingu...

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