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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Edited By Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 0. ‘A Sensible Country’: Ignacio Ramos Gay

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Dans un article intitulé « A Sensible Town », publié en 1853 dans Household Words1, le révérend Edmund S. Dixon décrit le design urbain de la ville d’Amiens comme exemple de durabilité et d’utilisation des ressources naturelles de la vallée de la Somme. Oscillant entre le journalisme et le récit de fiction, Dixon détaille les bénéfices extraits des nombreuses sources dérivées de la rivière qui traverse la ville, les canaux, les conduits qui fractionnent et répartissent l’eau, la construction de marchés, les abattoirs et les bains publics en harmonie avec l’orographie ascendante et descendante de la vallée de la rivière, et les forêts et les jardins qui délimitent le noyau urbain. Les termes ‘recyclage’, ‘ventilation’ et ‘circulation’ peuvent s’y appliquer, d’une perspective actuelle, à la recréation d’Amiens évoquée par Dixon, et bien qu’à aucun moment l’auteur n’y fasse allusion, sa description devient un miroir évident de la conceptualisation organique de la ville moderne2.

Conçue en tant qu’organisme vivant, la recréation pseudo-biologique d’Amiens convertit la ville en un écosystème naturel hydrologique imitant le fonctionnement cardiovasculaire humain. Les analogies entre les propriétés véhiculées par l’eau et le sang sont évidentes, de la même façon que les canaux qui la distribuent dans la ville ressemblent aux veines et aux artères, activant tous les recoins de ce noyau social anatomisé. La propre prolongation de la rivi...

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