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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Edited By Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 1. La ‘passion pour la France’ de Robert Browning: Yann Tholoniat

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Parmi les poèmes ‘italiens’ de Robert Browning, il y a « Andrea del Sarto », publié dans Men and Women en 18551. Le peintre italien, locuteur éponyme, s’ouvre à sa femme Lucrezia non seulement de son amertume envers leur relation (et de ses soupçons d’infidélité), mais aussi de ses regrets concernant sa réussite artistique. Or, au cœur du poème, il en vient à exprimer la nostalgie qu’il éprouve au souvenir de son séjour en France, à l’invitation du roi François 1er : « That Francis, that first time, / And that long festal year at Fontainebleau! » (149-150). Le peintre, ironiquement surnommé « the faultless painter » (dans le sous-titre), et qui se considère lui-même comme un « demi-homme » (140) caractérisé par la grisaille (35, 98, 168, 227), s’échauffe soudain à l’évocation de ses « kingly days » – « a good time » (165), auprès d’un roi qui semblait le comprendre et l’apprécier : « that humane great monarch’s golden look,— / One finger in his beard or twisted curl / Over his mouth’s good mark that made the smile, / One arm about my shoulder, round my neck, / The jingle of his gold chain in my ear » (153-7). C’est en France qu’Andrea del Sarto se sentait fier (158), sous le regard « franc » – le jeu de mots est lourdement souligné – des Français : « All his court round him, seeing with his eyes, / Such frank French eyes, and such a fire of souls / Profuse » (159-161).

Cette nostalgie d’Andrea del...

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