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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Edited By Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 4. Romantisme et Révolution française chez Dickens : l’histoire d’un symptôme: Caroline Bertonèche

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Selon Marilyn Butler, le romantisme anglais, modelé par ses influences françaises, porte en lui « les symptômes d’une maladie révolutionnaire » :

No nation at war with France overlooked the contagious potential of the concept of the sovereignty of the people. The fact remained that in most societies, England among them, it was not the masses but the educated classes that hitherto shown most symptoms of the revolutionary illness1.

Des « symptômes » – constat médical – de vie, de condition et de classe – fait social –, dont Dickens se fera le fervent héritier, et que Lord Chesterfield, moins connu sous le nom de Philip Dormer Stanhope, 4th Earl of Chesterfield, aristocrate visionnaire, le regard (et la plume) tournés vers la France, avait su détecter bien avant tout le monde : « In short, all the symptoms which I have ever met with in history, previous to great changes and revolutions in government, now exist, and daily increase, in France2 ». Aveu probablement aussi tardif (a symptom of historical be ← 83 | 84 → latedness) que précoce. Le 25 décembre 1753, à Londres, il écrit ces mots dans une lettre à son fils (pré-vision ou prédiction désormais connue de tous, car reprise, entre autres, par Thomas Carlyle), selon une formule faisant l’effet d’un sort jeté par un diagnosticien de l’histoire, en perte de noblesse, lui-même apeuré par les implications de sa prophétie : l’ancêtre d’un certain Charles Darnay, peut-être? It was the worst of symptoms...

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