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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 7. Esthétique des correspondances et poétique de l’androgynie : Présence de Théophile Gautier dans l’œuvre de Walter Pater (1839-1884): Anne-Florence Gillard-Estrada

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Au milieu des années 1860, le poète A. C. Swinburne fait découvrir l’œuvre de Théophile Gautier aux membres de son entourage, parmi lesquels Walter Pater, qui allait jouer un rôle central dans la réception des idées de l’écrivain français en Grande-Bretagne. A partir de 1866, Pater publie des essais sur la littérature et l’art dont certains sont rassemblés dans le recueil Studies in the History of the Renaissance de 1873. Dans ces essais, il prône le culte de la beauté de Gautier et la notion de l’« l’Art pour l’Art » évoquée dans le roman de 1835, Mademoiselle de Maupin. Or, si l’esthétique de Pater et sa définition de la critique d’art furent largement redevables de Gautier, cette influence fit l’objet d’une stratégie éditoriale très attentive de sa part. Alors que ses contemporains Swinburne puis Wilde évoquent plus explicitement leur dette envers Gautier, Pater le cite très rarement. Pourtant, de très nombreux passages de The Renaissance sont en fait des extraits de textes de Gautier traduits et reproduits presque mot à mot. Dans la Conclusion du recueil, Pater emploie par exemple l’expression « Art for Art’s sake », qui fut ensuite utilisée pour désigner le « Mouvement Esthétique » littéraire et pictural des années 1860, mais Pater n’en indique pas la source et Gautier est seulement cité une fois dans le volume. Il ne lui consacra d’ailleurs jamais aucun essai sp...

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