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‘Curious about France’ : Visions littéraires victoriennes

Visions littéraires victoriennes

Edited By Ignacio Ramos Gay

Les quinze essais rassemblés dans ce volume mettent en évidence la présence de la France en tant qu’espace, personnage et thème dans la littérature victorienne. Tout au long du dix-neuvième siècle, la France devient un leitmotiv sur lequel se calquent les idéaux et les aspirations britanniques, un caléidoscope de réflexions littéraires hétéroclites, au carrefour d’autres disciplines liées à la science, la politique, l’économie, l’histoire ou aux arts.
Le regard porté sur la France par des auteurs aussi variés qu’Oscar Wilde, Charles Dickens, Robert Browning, Walter Pater ou Frances Power Cobbe créé un idéal culturel pour une nation de plus en plus consciente de sa position hégémonique dans le monde. Ce regard se pose sur l’observateur lui-même, qui transpose ses observations sur son propre territoire, et, ce faisant, démontre être « very curious about France », comme l’écrira Thomas Carlyle dans une lettre au francophile John Stuart Mill. Berceau de mouvements littéraires transnationaux et exemple de dynamisme social, la France apparaît au travers des lettres britanniques comme une construction imaginaire, politique et identitaire, une fiction dont les représentations constituent avant tout un symbole de l’inséparable union entre les deux pays.
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Chapitre 8. Le passeur du symbolisme français : Arthur Symons: Guy Ducrey

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But if we can recall the time, when we were ignorant of the French symbolists, and met with The Symbolist Movement in Literature, we remember that book as an introduction to wholly new feelings, as a revelation.

(T. S. Eliot, «The Perfect Critic», 1920)

Ils furent nombreux, les écrivains et poètes anglais à tourner, dans les dernières années du XIXe siècle et les premières du XXe, leurs regards vers Paris et vers les lettres françaises, dont ils devinrent les hérauts outre-Manche. Combien au juste, à côté du plus célèbre d’entre eux, Oscar Wilde? George Moore, avide défenseur des peintres impressionnistes et de Zola ; John Gray, thuriféraire de Verlaine et de quelques autres grands poètes français ; Edmund Gosse, que marqua tant son amitié avec Gide ; – sans omettre le jeune Hubert Crackanthorpe, si oublié, si tristement noyé dans la Seine à 26 ans, mais qui avait eu le temps diffuser, dans son admirable recueil Wreckage (1893), un peu du génie de Maupassant à ses compatriotes… La liste pourrait s’allonger.

Mais pour l’obstination, pour la ferveur qu’il mit à évoquer les écrivains parisiens, pour l’affection qui le lia à certains d’entre eux (Verlaine le premier), Arthur Symons les dépasse de cent lieues. Ses premiers recueils de vers, Silhouettes (1892) et London Nights (1895), avaient déjà assuré, dans une Angleterre victorienne, une aura sulfureuse à ce jeune homme qui y brossait d’un trait leste des croquis londoniens, et...

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