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Laïcités et musulmans, débats et expériences

(XIXe-XXe siècles)

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Edited By Amin Elias, Augustin Jomier and Anais-Trissa Khatchadourian

L’islam est-il compatible avec la laïcité ? Ce type de questions est récurrent – l’actualité nous le rappelle sans cesse. Et nombreux sont ceux qui y répondent par la négative. Issu d’un colloque de jeunes chercheurs organisé en janvier 2012 à l’Université du Maine, cet ouvrage expose à l’inverse la variété des rapports qu’entretiennent les acteurs musulmans avec la laïcité, dans toutes ses formulations. Cette variété de relations est ici envisagée dans le temps long et en différents espaces (Europe occidentale, Balkans, Proche-Orient, Afrique du Nord, Inde …), ce qui met à jour des perspectives originales et des débats méconnus en France. Les contributions rassemblées montrent ainsi combien la laïcité est un concept en mouvement, sujet à de nombreuses interprétations et mobilisé dans des perspectives variées. Ces infi nies combinaisons intellectuelles et politiques entre musulmans et laïcités convaincront de la nécessité de cesser d’opposer terme à terme des concepts dont le sens est insaisissable hors de la parole des acteurs.
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La critique fédéraliste de la laïcité au Liban (1975-2012)

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Depuis son accession à l’indépendance en 1943, le Liban est souvent étiqueté en fonction de la particularité de son système politique, communément appelé le « confessionnalisme politique », qui stipule, en vertu de l’article 95 de la Constitution libanaise, la réservation des hauts postes de l’Etat et des fonctions de l’administration publique aux membres des différentes communautés religieuses1. En vertu de ce partage du pouvoir politique et administratif régi par un quota établi pour chacun d’elle (appelé « formule »), le président de la République libanaise est un chrétien maronite, le Premier ministre un musulman sunnite, et le président du Conseil un musulman chiite. Jusqu’en 1990, la « formule » instituait un ratio de six députés chrétiens pour cinq députés musulmans avec un avantage proportionnel des députés sunnites sur les députés chiites. Depuis cette date, la parité parlementaire entre chrétiens et musulmans, ainsi qu’entre sunnites et chiites, est de rigueur. La parité islamo-chrétienne au sein de l’administration publique fut quant à elle instituée par le décret-loi n° 112 du 12 juin 1959.

A partir de 1970, l’ordre politique libanais devint l’objet de contestations croissantes. Les partis de gauche, en majorité musulmans mais comptant nombre de cadres chrétiens, ainsi que des politiciens musulmans et druzes de premier rang, protestèrent contre ce qu’ils décriaient comme une « hégémonie chrétienne » sur l’Etat et la réservation des postes...

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