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Enjeux identitaires en mutation

Europe et bassin méditerranéen

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Edited By John Tolan, Hassen El Annabi, Benaouda Lebdai and Franck Laurent

Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011.
Le concept d’une « identité » nationale ou ethnique (et l’assimilation de l’une à l’autre) est bâti, en particulier au XIX e siècle en Europe, sur la base des histoires de « nations » dont on cherchait les origines dans l’antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d’identités nationales au XIX e siècle, que ce soit l’idée les visions nationalistes de l’histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité « nationale » tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d’implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d’une importance accrue : la décolonisation, puis l’implosion de l’URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d’« identité » politique, nationale, religieuse, font l’objet d’interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
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Religion et géographie urbaine : le paysage sacré de Beyrouth: Christiane Sfeir

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Religion et géographie urbaine : le paysage sacré de Beyrouth

Christiane SFEIR

Introduction

Le 28 février 2010, à l’appel d’un groupe de jeunes sur Facebook, une manifestation – qui sera suivie d’autres – est menée à Beyrouth contre le système confessionnel libanais1. Encadrée par la police et l’armée, et malgré une pluie battante, les organisateurs distribuent un tract dans lequel ils exigent « un Etat laïc, civil, démocratique, socialement juste et équitable ». Pourtant, deux semaines plus tôt, le 14 février, date de la commémoration de l’assassinat de Rafiq Hariri, c’est au centre d’expositions BIEL que les partisans du mouvement du « 14-Mars » se sont réunis pour célébrer cet événement devenu rituel depuis 2006. Coup de théâtre, le spectacle débute par une voix angélique chantant l’Ave Maria de Gounod, mêlée discrètement à une voix masculine qui s’infiltre timidement dans la mélodie pour y associer la mélodie des premiers mots du Coran2. La scène ne manque pas d’émotion, tout le monde a les larmes aux yeux et le message (une sorte de fusion qui relie chrétiens et musulmans libanais) est parvenu : la mise en scène fut réussie.

Dans un pays rongé par le confessionnalisme et où la sémiologie religieuse est souvent associée aux commémorations d’assassinats politiques, quelle peut être la place de la laïcité réclamée par ces jeunes...

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