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L’Europe des citoyens et la citoyenneté européenne

Évolutions, limites et perspectives

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Michel Catala, Stanislas Jeannesson and Anne-Sophie Lamblin Gourdin

La construction européenne est souvent présentée ou perçue comme un processus technocratique imposé aux peuples par les élites à la suite du désastre de la Seconde Guerre mondiale et du traumatisme de la Guerre froide. La crise actuelle que connaît l’Union européenne semble ainsi démontrer l’absence de solidarité entre les États et les peuples du continent, par manque d’identité partagée et de projet politique démocratiquement accepté. La création d’une citoyenneté européenne par le traité de Maastricht, en 1992, n’a pas enrayé le désintérêt des citoyens des États membres, pourtant de plus en plus affectés par les politiques européennes, à l’égard de l’Union et de ses institutions. Dans une perspective résolument interdisciplinaire, à la croisée de l’histoire, du droit, des sciences politiques, de la sociologie et de la philosophie, cet ouvrage entend dépasser ce constat d’échec un peu simpliste, pour étudier les modalités et les visages de la citoyenneté européenne, son émergence progressive depuis les premiers projets de l’entre-deux-guerres, ses limites et ses insuffisances, mais aussi ses perspectives, à long terme comme dans un avenir proche.
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Alain Fenet - Union européenne et droits des minorités : la permanence d’une ambiguïté

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Alain FENET, Université de Nantes

Union européenne et droits des minorités : la permanence d’une ambiguïté

L’Europe entretient un rapport ancien avec la question des minorités comprises ici au sens de minorités ethniques, religieuses, linguistiques, fréquemment regroupées sous le vocable de minorités nationales1. Elles se sont multipliées en Europe avec la généralisation de l’État-nation, ne cessant d’être un objet de tensions internes et internationales. Elles perçoivent spontanément le processus de l’intégration européenne avec faveur. Celui-ci, créant un niveau de pouvoir au-dessus des États, implique une conception nouvelle de la souveraineté et conduit à un desserrement voire, comme certains l’espèrent, à une redéfinition du lien national, dont les minorités ne peuvent a priori que profiter. Cette perception est renforcée par l’émergence de la région, considérée comme un niveau de gestion pertinent sur un nombre croissant d’objets, une évolution favorisée par les institutions européennes. Pour les minorités territoriales suffisamment nombreuses, elle constitue un lieu de pouvoir à saisir pour exprimer leurs différences et gérer leurs intérêts particuliers.

L’idée d’une citoyenneté européenne entre parfaitement dans cet ensemble de représentations. Elle semble servir le projet plus ample d’une citoyenneté s’exerçant, conformément au principe de subsidiarité, aux trois niveaux, régional, national, européen. Sa création par le traité de Maastricht...

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