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L’Europe des citoyens et la citoyenneté européenne

Évolutions, limites et perspectives

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Michel Catala, Stanislas Jeannesson and Anne-Sophie Lamblin Gourdin

La construction européenne est souvent présentée ou perçue comme un processus technocratique imposé aux peuples par les élites à la suite du désastre de la Seconde Guerre mondiale et du traumatisme de la Guerre froide. La crise actuelle que connaît l’Union européenne semble ainsi démontrer l’absence de solidarité entre les États et les peuples du continent, par manque d’identité partagée et de projet politique démocratiquement accepté. La création d’une citoyenneté européenne par le traité de Maastricht, en 1992, n’a pas enrayé le désintérêt des citoyens des États membres, pourtant de plus en plus affectés par les politiques européennes, à l’égard de l’Union et de ses institutions. Dans une perspective résolument interdisciplinaire, à la croisée de l’histoire, du droit, des sciences politiques, de la sociologie et de la philosophie, cet ouvrage entend dépasser ce constat d’échec un peu simpliste, pour étudier les modalités et les visages de la citoyenneté européenne, son émergence progressive depuis les premiers projets de l’entre-deux-guerres, ses limites et ses insuffisances, mais aussi ses perspectives, à long terme comme dans un avenir proche.
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Michel Catala et Anne-Sophie Lamblin-Gourdin - Introduction

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Introduction

En novembre 2013, soit vingt ans après l’entrée en vigueur du traité de Maastricht qui a institué l’Union européenne, dans le cadre du programme de recherche DCIE (Dynamiques citoyennes en Europe), l’université de Nantes a rassemblé des chercheurs et enseignants-chercheurs issus de plusieurs disciplines lors d’un colloque dédié à l’Europe des citoyens et à la citoyenneté européenne. Le moment était particulièrement approprié pour tenter de dresser un état des lieux de la citoyenneté de l’Union, instituée par le traité de Maastricht et alors porteuse de grands espoirs, malgré les ambiguïtés qui entourent la notion et ce qui en était attendu. Mais il s’agissait également de revenir sur la question citoyenne dans la construction européenne et sur l’association des peuples au projet politique européen depuis 1945.

Lors du Congrès de La Haye de mai 1948 qui lance véritablement la construction européenne après la fin de la Deuxième Guerre mondiale et l’ouverture de la guerre froide, seuls les Fédéralistes sont convaincus que l’adhésion des peuples assurera une légitimité démocratique à un processus politique qui doit dépasser l’État-nation. Henri Brugmans, l’un des dirigeants de l’Union européenne des Fédéralistes, l’exprime clairement lors du Congrès de La Haye de mai 1948 : « Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut organiser une volonté politique européenne, qui seule permettra à la démocratie fédérale...

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