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Une « Europe des Citoyens »

Société civile et identité européenne de 1945 à nos jours

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Reiner Marcowitz and Andreas Wilkens

L’Europe des 28 peut-elle trouver une volonté commune, un sentiment d’appartenance à un projet commun de Reval à Lisbonne, de Dublin à Nicosie ? Le présent ouvrage évoque les rapports entre la construction européenne et les citoyens d’Europe. Sans doute, l’Europe, pour exister, a besoin de l’implication de ses citoyens. Des projets ont été conçus, parfois depuis plusieurs décennies, pour créer une Europe des sociétés civiles, émergeant des sphères sociales, économiques, culturelles. Ces projets restent souvent trop peu connus d’un public large, avec leurs expériences, leurs acquis et aussi leurs limites. L’idée de cet ouvrage consiste à rapprocher la « grande histoire » de la construction européenne des réalisations et expériences concrètes, afin de mieux cerner les rapports entre une Europe lointaine, « mal aimée » et une Europe « vécue ». De plus il réunit des universitaires et des acteurs du monde professionnel de plusieurs pays européens. Enfin ses contributions ne se contentent pas de décrire les « déficits » mais proposent également des solutions. L’ouvrage promet donc d’animer un nouveau débat en Europe.
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Introduction

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Depuis plus de deux décennies, l’Europe vit une situation paradoxale: d’un côté, l’intégration du continent a connu, depuis la chute du mur de Berlin, une dynamique sans précédent tant sur le plan de l’élargissement que de l’approfondissement. Dans les grands discours, «l’Europe» apparaît toujours comme l’idéal à atteindre, seul capable d’assurer aux peuples européens la paix, la stabilité, la prospérité et une voix dans le monde. On célèbre les «pères de l’Europe», les grandes dates de la construction européenne et les livres sur l’Europe semblent faire recette. Le 20e anniversaire de la chute du Mur donna lieu à des festivités dignes de grandes retrouvailles entre Européens. Et enfin, la monnaie commune, si souvent accusée de manquer de soubassement politique, est tout de même créditée d’avoir donné une certaine protection aux pays européens en proie à la crise financière et économique mondiale.

D’un autre côté, les signes d’une crise profonde du projet européen ne manquent pas: rétrospectivement, l’abandon de l’idée de doter l’Europe d’un «traité constitutionnel» et les difficultés entourant l’adoption du Traité de Lisbonne n’ont été que le début et la partie visible d’une véritable crise d’acceptation de l’Union européenne. L’irruption de ce qui est très inexactement appelé la «crise de l’euro» a considérablement aggravé le cas. Si l’«euroscepticisme» n’est pas un phénomène nouveau,...

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