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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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L’incontournable écueil définitionnel

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À partir des années 1970, l’étude du terrorisme se constitua en un véritable champ disciplinaire. Le lancement de revues spécialisées, la multiplication des colloques scientifiques, la création d’instituts spécifiquement dédiés à la recherche sur le phénomène et la croissance des financements publics octroyés aux chercheurs se consacrant exclusivement à la question érigèrent les analyses du terrorisme en un domaine de connaissance qui a produit une masse impressionnante de publications. La question de la définition de l’objet considéré y occupe évidemment une bonne place, mais le bilan de la réflexion en la matière est plus que mitigé. Paradoxalement, les termes du débat ont peu évolué depuis les années 1930, et il est probable qu’un intérêt plus marqué pour les controverses juridiques de la période aurait été profitable à la réflexion contemporaine.

Il est inutile de passer en revue les dizaines, voire les centaines, de définitions du terrorisme formulées depuis les années 1970. Après plusieurs décennies de réflexion, les auteurs les plus scrupuleux s’accordent sur le bilan insatisfaisant de l’entreprise. Comme le souligne Andrew Silke, les échecs successifs qui ont marqué les tentatives d’aboutir à une définition conventionnelle du terrorisme sont le symptôme le plus évident de l’absence d’un cadre conceptuel commun à la recherche1. Ajoutons que des débats récurrents sur la question n’a souvent émergé que la conclusion simpliste selon...

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