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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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Mesurer l’impact psychologique des attentats

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Les premières recherches consacrées à l’impact psychologique d’attentats terroristes furent conduites en Irlande du Nord et en Grande-Bretagne dans les années 1970. Les enquêtes consacrées aux effets de la violence sur l’ensemble de la population d’Irlande du Nord concluaient à l’absence d’une augmentation significative des troubles psychiatriques, alors que celles qui portaient sur les réactions psychologiques des victimes directes d’attentats perpétrés en Grande-Bretagne offraient des résultats manquant d’homogénéité (d’une étude à l’autre, de 15% à 50% de ces victimes étaient émotionnellement choquées).

Ces résultats contradictoires s’expliquent, en partie, par une certaine improvisation méthodologique. Au tournant des années 1980-1990, la méthodologie des études consacrées à la question s’améliora sensiblement, en particulier par l’introduction de la mesure du syndrome de stress post-traumatique chez les sujets exposés au « terrorisme » en général ou à des attentats à la bombe en particulier. Ce sont les résultats relatifs à l’impact de ces derniers que nous prendrons en considération, dans la mesure où ce type d’attentat constitue l’une des formes les plus violentes et les plus choquantes de « terrorisme » et que l’on peut raisonnablement supposer qu’ils génèrent les séquelles psychologiques maximales lorsque la population est visée de manière indiscriminée.

Tout comme dans le cadre de la première vague d’études qui vient d’être mentionnée, les résultats obtenus se répartissent en deux catégories bien distinctes...

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