Show Less
Restricted access

Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
Show Summary Details
Restricted access

Ce qu’il reste du terrorisme

Extract



Le choix de considérer la notion de terreur dans le véritable sens du terme aboutit à fortement restreindre les conditions de son utilisation pertinente dans l’analyse de la violence politique. En résulte-t-il inévitablement le constat de la vacuité du concept de terrorisme, trop intimement lié à la notion de terreur pour qu’il résiste à une redéfinition terminologique de cette dernière ? La réponse est négative, l’usage du mot « terrorisme » demeurant approprié dans trois contextes différents. Le premier relève de ses emplois dans le langage courant ; les deux autres d’usages terminologiques spécifiques.

Du point de vue du langage commun, la notion de terrorisme fait sens dès lors qu’elle conjugue deux aspects inhérents aux phénomènes qu’elle désigne : la réprobation qu’ils suscitent, en vertu de sa connotation négative, et leur dimension anxiogène qui est toutefois fonction de l’acte. Emotionnellement, l’usage du mot est sans doute même profitable lorsqu’il permet au sujet, à la suite de violences particulièrement meurtrières, d’exprimer la répulsion qu’elles lui inspirent et l’incompréhension qu’elles suscitent. Les limites de l’usage du mot se situent toutefois précisément en ce domaine de la compréhension de l’acte, puisque parler de terrorisme ne permet en rien de concevoir une explication de la violence.

Cette dimension émotionnelle est également au principe de l’utilisation de la notion dans les stratégies de communication gouvernementale1. Pour certains auteurs, cette...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.