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L’Empreinte de la Bible

Récritures contemporaines de mythes bibliques en littérature de jeunesse

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Danièle Henky

La Bible fut un réservoir d’histoires à destination des enfants dès le Moyen Âge en Occident. Aujourd’hui, on puise toujours dans la Genèse ou dans le Nouveau Testament, actualisant des textes fondateurs, afin de les intégrer dans des livres pour la jeunesse. Parodiée, commentée, réinterprétée, la Bible continue de s’offrir comme une sorte de grand vivier de mythes littéraires auquel l’écrivain, qu’il soit croyant ou non, ne se prive pas de recourir.
L'étude des écarts entre le texte originel et sa récriture, pratiquée ici essentiellement à partir d’un corpus d’ouvrages francophones, témoigne des mouvements qui affectent la culture du temps et permet de pointer la manière de faire des auteurs, les effets produits sur l’ouvrage réalisé comme sur le mythe lui-même. Elle révèle aussi la dynamique du mythe biblique à l’œuvre dans les textes destinés aux jeunes et esquisse, parallèlement, une réflexion sur l’évolution de la jeunesse entre héritage et questionnements dans un contexte culturel en constante évolution.
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Les abécédaires : appropriation d’un mythe biblique au fil des époques

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Parmi les livres dédiés à l’enfance, le premier entre tous est sans aucun doute l’abécédaire. Premier, parce que le plus ancien, mais aussi parce qu’il fut pendant des siècles l’unique livre possédé par l’enfant. Objet symbolique, il marque l’entrée dans l’ordre du Savoir et de l’Ecrit. Dès lors, dans le monde chrétien, on ne s’étonnera pas qu’il eût à charge non seulement d’initier les principes de la lecture progressant par alphabets, syllabaires, mots, phrases, jusqu’aux textes de lecture courante, mais aussi d’inculquer les fondements de la pensée comme de la morale chrétiennes. L’accès au savoir doit se faire une école de Dieu134. Si l’on se penche sur l’étymologie du terme « abécédaire », on s’aperçoit qu’il provient du latin ecclésiastique, et très probablement de saint Augustin qui en fit le premier le plus large usage. Pour ce père de l’Eglise, l’alphabet est le signe du divin et de son ordonnancement. Source de toute chose, Dieu a tiré le monde du chaos en le nommant. C’est sur ce mythème que les premiers abécédaires se sont construits.

Saint Augustin n’hésite pas à affirmer que l’apprentissage de la lecture a valeur d’initiation à l’ordre sacré. Enfreindre la raison du Verbe créateur, c’est s’exposer au chaos. Dans le De Ordine, texte qui propose une échelle des savoirs menant à Dieu, il affirme : « Si nous voyons un maître d’école s’efforcer d’apprendre les...

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