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L’Empreinte de la Bible

Récritures contemporaines de mythes bibliques en littérature de jeunesse

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Danièle Henky

La Bible fut un réservoir d’histoires à destination des enfants dès le Moyen Âge en Occident. Aujourd’hui, on puise toujours dans la Genèse ou dans le Nouveau Testament, actualisant des textes fondateurs, afin de les intégrer dans des livres pour la jeunesse. Parodiée, commentée, réinterprétée, la Bible continue de s’offrir comme une sorte de grand vivier de mythes littéraires auquel l’écrivain, qu’il soit croyant ou non, ne se prive pas de recourir.
L'étude des écarts entre le texte originel et sa récriture, pratiquée ici essentiellement à partir d’un corpus d’ouvrages francophones, témoigne des mouvements qui affectent la culture du temps et permet de pointer la manière de faire des auteurs, les effets produits sur l’ouvrage réalisé comme sur le mythe lui-même. Elle révèle aussi la dynamique du mythe biblique à l’œuvre dans les textes destinés aux jeunes et esquisse, parallèlement, une réflexion sur l’évolution de la jeunesse entre héritage et questionnements dans un contexte culturel en constante évolution.
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De la « continuation » d’un texte biblique: l’adoration des mages

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À l’origine, les récits merveilleux n’étaient pas destinés aux enfants. Les contes traditionnels s’adressaient aux adultes autant qu’aux enfants, comme beaucoup de nos actuels programmes de télévision, et ils étaient dits le soir aux veillées. Les auditeurs en connaissaient déjà le plus souvent le contenu et en appréciaient ou en corrigeaient l’interprétation. Seuls les contes d’avertissement avaient été conçus pour les plus jeunes afin de les mettre en garde contre un danger possible. Dans ces histoires, un personnage adulte formule une interdiction, le héros la transgresse, il est puni. Le jeune auditeur ou lecteur doit comprendre qu’il faut éviter de se comporter aussi mal que le héros pour ne pas risquer d’écoper de la même peine. Cette manière d’éduquer par la peur, connue sous le nom de « pédagogie noire », était encore en usage après la Seconde Guerre mondiale.

Peu à peu cependant, le corpus des contes d’avertissement s’est enrichi. Les nourrices et les mères de famille chantaient aux tout petits, pour les endormir, des berceuses et comptines qui étaient d’autres réservoirs à histoires. Les fables étiologiques étaient élaborées par la sagesse populaire parallèlement aux textes canoniques du catéchisme, pour répondre aux questions que les enfants pouvaient se poser sur l’origine du monde. Et, progressivement, ces récits oraux issus de l’imagerie populaire, retranscrits ou récrits par les frères Grimm par exemple, s’imposèrent dans la...

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