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Guerres dans le monde ibérique et ibéro-américain

Actes du XXXVe Congrès de la S. H. F.

Edited By Florence Belmonte, Karim Benmiloud and Sylvie Imperato-Prieur

Cet ouvrage réunit les travaux du XXXV e Congrès de la Société des Hispanistes Français (S. H. F.) qui s’est tenu à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3 du 20 au 22 mai 2011. Il rassemble une cinquantaine d’articles qui portent non seulement sur l’Espagne, mais aussi sur l’ensemble de la Péninsule Ibérique, sur l’Amérique hispanophone et les territoires lusophones, du XVI e au XXI e siècle. Le volume est divisé en quatre chapitres, « Faire la guerre », « Dire la guerre », « Représenter la guerre » et « Sortir de la guerre », qui recouvrent une large part des champs disciplinaires auxquels s’attache l’hispanisme (Histoire, civilisation, littérature, théâtre, arts plastiques, peinture, musique, cinéma).
L’ouvrage comprend notamment de nombreux articles sur la guerre civile espagnole et le franquisme (dont les deux conférences plénières), mais aussi d’importantes contributions sur l’ensemble du monde ibérique et ibéro-américain (Portugal, Argentine, Colombie, Cuba, Mexique, Paraguay, Pérou, etc.).
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Les guerres du Sentier Lumineux dans les quartiers populaires de Lima : stratégies symboliques, démobilisation et imposition d’un ordre nouveau (Diana Burgos-Vigna)

← 164 | 165 → DIANA Burgos-VIGNA

Université de Cergy-Pontoise-CICC

Les guerres du Sentier Lumineux dans les quartiers

populaires de Lima : stratégies symboliques,

démobilisation et imposition d’un ordre nouveau

« Lima y los pueblos jóvenes son el escenario en el cual la batalla final de la guerra popular será definida »1, telle est la stratégie confirmée en juillet 1992 par le journal porte-parole du Sentier Lumineux, El Diario. Elle s’inscrit dans un contexte de lutte armée menée au Pérou par cette organisation depuis les années 1970, avec pour objectif final de détruire le pouvoir politique et économique du pays. En particulier, le contrôle des quartiers périphériques de la capitale constitue l’une des étapes centrales de la stratégie, dans la mesure où ces cinturones de hierro, une fois gagnés par le Sentier Lumineux, devraient permettre d’enserrer jusqu’à étranglement les autorités officielles.

L’un de ces quartiers, appelés pueblos jóvenes à partir de l’époque vélasquiste2, est particulièrement visé : il s’agit de Villa El Salvador, dont l’histoire collective, marquée par l’autogestion puis par la présence active de la gauche politique péruvienne, en fait une cible privilégiée du Sentier Lumineux3.

Il s’agit donc d’analyser les stratégies déployées par l’organisation de guérilla dans cette communauté urbaine périphérique de Lima, en insistant sur les interactions et les contradictions de deux formes de mobilisation : la voie violente imposée par le Sentier Lumineux, et celle de l’autogestion promue par la communauté de Villa El Salvador. Deux visions du militantisme se détachent ainsi sur fond de violence, qui aboutissent à deux représentations opposées de la « guerre populaire », menée contre l’un des fléaux de ce pays andin : la pauvreté.

Trois axes d’analyse seront ici privilégiés afin d’identifier les dynamiques locales à l’œuvre dans un contexte de lutte armée et dans un espace marqué par la pauvreté urbaine : tout d’abord, les raisons qui provoquent l’irruption de la guerre populaire dans les quartiers populaires urbains de Lima ; l’étude ensuite des représentations symboliques à l’œuvre dans l’affrontement ; les stratégies du ← 165 | 166 → Sentier Lumineux enfin, qui tendent d’une part à démobiliser et à déstructurer l’action collective des habitants, et d’autre part à imposer une nouvelle justice, un nouveau discours, en somme un nouvel ordre.

1. Le choix des périphéries urbaines : une stratégie d’encerclement

Le conflit entre le Sentier Lumineux et l’État péruvien, qui sévit principalement durant les années 1980 et le début des années 1990, est la cause, selon la Commission de la Vérité et de la Réconciliation, de la mort ou de la disparition d’environ 69 000 personnes durant cette période4. Apparu dans la cordillère des Andes, sous l’impulsion d’un professeur de philosophie qui enseigne à l’Université d’Ayacucho, Abimael Guzmán, le mouvement de guérilla ne s’impose pas immédiatement dans les zones urbaines.

Le Sentier Lumineux est d’abord issu d’une scission du PCP (Parti communiste péruvien) en deux branches : l’une pro-soviétique, l’autre maoïste. Abimael Guzmán prend parti pour cette dernière et, après de multiples conflits au sein du nouveau « Parti communiste péruvien – Drapeau rouge » issu de la scission, fonde en 1970 le « Parti communiste du Pérou-Sentier Lumineux ». Il lance la « guerre populaire prolongée » dès 1980 dans les Andes, donnant naissance à une guérilla qui sera essentiellement rurale jusqu’à la fin des années 19805.

Quelles sont donc les raisons qui amènent le Sentier Lumineux à opérer ensuite un virage urbain ? Elles relèvent essentiellement du contexte économique et politique dans lequel se débat le pays au cours des années 1980. Sur le plan économique, la crise touche de plein fouet le Pérou et se manifeste en particulier par une hyperinflation qui dégrade considérablement le niveau de vie des habitants, notamment pour les catégories sociales défavorisées. C’est à cette époque que l’économie informelle, cet « autre Sentier » décrit par Hernando de Soto, atteint ses plus hauts sommets6. La détérioration des conditions de vie constitue dès lors un terreau particulièrement favorable pour une organisation terroriste qui dénonce la corruption des partis politiques et l’incapacité de l’État à œuvrer pour améliorer la situation des plus pauvres. En outre, le contexte politique se ← 166 | 167 → prête également à l’ascension du mouvement, tant les différents partis politiques perdent en crédibilité et subissent des crises internes durant cette période.

Dans ces conditions, le Sentier Lumineux sait que toute action menée dans les quartiers périphériques de Lima permettra de détruire plus rapidement l’État péruvien. Ces pueblos jóvenes constituent, du fait des conditions précaires qu’ils offrent à leurs habitants, des zones facilement perméables par l’organisation, et dans lesquelles elle peut mener à bien sa guerre populaire.

2. Villa El Salvador ou les symboles à détruire

Le choix de Villa El Salvador par le Sentier Lumineux est hautement symbolique et stratégique. En y déployant sa guerre populaire, l’organisation souhaite s’attaquer aux deux symboles dont cette ville est porteuse : l’autogestion, une forme d’action collective opposée aux principes révolutionnaires et dont les femmes sont les actrices les plus mobilisées, et le parti de gauche honni, Izquierda Unida, dont Villa est devenue le bastion.

L’autogestion

Ce pueblo joven a en effet développé depuis sa création, au début des années 1970, une forme d’organisation collective spécifique : l’autogestion. C’est sous le nom de CUAVES, Comunidad autogestionaria de Villa El Salvador, qu’il se fait connaître au niveau tant national qu’international. Villa El Salvador reçoit en effet de nombreuses distinctions comme le prix Príncipe de Asturias en 1986 ou celui de Cité messagère de la paix décernée par l’ONU en 1987, et devient donc rapidement pour le Sentier Lumineux un symbole à détruire. L’organisation sait en effet que toute action entreprise à Villa aura une résonnance particulière : « le Sentier savait que s’il parvenait à contrôler VES, il parviendrait à contrôler n’importe quoi »7.

Le Sentier Lumineux vise en outre l’autogestion qu’il estime être un frein au développement de la conscience révolutionnaire du peuple, car elle agit comme un amortisseur de la politique de l’État à l’égard des plus pauvres, ces derniers devenant dès lors incapables d’affronter l’État qui les opprime :

La denominada autogestión, tesis del más recalcitrante revisionismo aplicado en nuestro país, específicamente por la IU con el propósito de hacer que las masas no combatan a este Estado ← 167 | 168 → terrateniente burocrático y más bien se conformen con paliativos dentro del sistema para solucionar sus problemas.8

Dans ces conditions, les femmes de Villa, actrices centrales de l’autogestion, deviennent également une cible prioritaire, notamment celles travaillant dans des associations liées aux questions alimentaires. Car l’ennemi du Sentier Lumineux n’est pas seulement l’État, par l’intermédiaire de ses institutions ou de ses représentants, mais également ceux ou celles qui contribuent à sauvegarder l’ordre existant. La femme sentiériste est avant tout une femme guerrière qui fait passer la guerre populaire avant toute priorité9. En ce sens, les femmes des associations populaires qui luttent pour améliorer les conditions de vie sont considérées comme des traîtres.

Or, durant les années pendant lesquelles le Sentier cherche à infiltrer la vie collective de Villa, la FEPOMUVES (Federación popular de mujeres de Villa El Salvador), l’une des associations les plus actives en matière d’aide alimentaire et qui gère au niveau local le programme national du « Vaso de Leche »10, est dirigée par une femme ouvertement engagée dans la lutte contre le Sentier Lumineux, María Elena Moyano. Outre sa mission de direction, elle occupe le poste de première adjointe au maire. Le 15 février 1992, elle est assassinée par le Sentier Lumineux en plein jour, dans une rue de Villa. Cet assassinat est stratégique car la militante renvoie une image de la militante opposée à celle qui est prônée par l’organisation terroriste : « Maria Elena Moyano ne représentait pas seulement une opposition active à la grève armée à Villa, mais également une façon d’être leader et d’être femme différente du paradigme de femme guerrière prôné par le sentiérisme. Son image valorisait le droit à la citoyenneté, la capacité de gouverner et le rôle important des femmes dans la construction de la paix. Elle présentait ainsi un message qui remettait en question les valeurs que la direction sentiériste reconnaissait aux femmes »11.

Le parti politique Izquierda Unida

Par ailleurs, des raisons relevant de la stratégie politique expliquent le choix de cette ville comme terrain d’affrontement : elle est devenue durant les années 1980 un bastion du parti Izquierda Unida, qui y réalise ses meilleurs scores et y conserve le pouvoir local de 1983 à 1993. Ce parti, qui fédère plusieurs tendances ← 168 | 169 → de la gauche, devient pour le Sentier Lumineux une cible privilégiée, accusée de trahir les intérêts des catégories populaires en s’alliant à un système politique corrompu. Or, Villa est présentée comme un modèle de réussite du fait non seulement de l’autogestion, mais également de la gestion politique locale d’IU. Elle représente donc un modèle de réussite par des voies non violentes, ce que le Sentier Lumineux réprouve. En contrôlant la ville et en semant le désordre au sein de la communauté, l’organisation cherche ainsi à démontrer l’inefficacité des actions non révolutionnaires pour vaincre la misère.

3. Stratégies de démobilisation

La terreur

Le signe le plus visible de la présence du Sentier Lumineux à Villa El Salvador est la vague d’attentats organisée au début des années 1990, faisant de nombreuses victimes et semant une terreur durable. Très vite, la capitale devient le théâtre de nombreux attentats qui en font une ville « horrible et violente »12. Selon les mots de Guzmán, « el triunfo de la revolución costará un millón de muertos »13 et c’est à Lima que doit se dérouler la bataille décisive pour l’assaut final. Or, pour contrôler la capitale, il faut contrôler les quartiers périphériques. Ce n’est qu’alors que le Sentier Lumineux pourra évoluer comme « un poisson dans l’eau »14. Divers attentats sont donc organisés entre le mois de juin 1991 et le mois de juillet 1993, dont le plus retentissant reste l’assassinat de María Elena Moyano.

L’objectif du Sentier Lumineux étant la destruction de l’ordre existant, c’est par cette destruction systématique qu’il se rapproche le plus de « l’anti-mouvement social » décrit par Michel Wieviorka15. L’organisation réunit en effet les trois principes qui définissent cette notion : le principe d’identité, qui définit l’acteur terroriste par son engagement total ; le principe d’opposition, par lequel se réalise une véritable objectivation de l’ennemi ; et enfin le principe de totalité qui vise non pas à créer une société nouvelle, mais à détruire l’ordre présent. Selon ce dernier point, les ennemis du Sentier Lumineux sont bien ceux qui contribuent à sauvegarder l’ordre existant, à l’instar des dirigeants populaires, accusés de vouloir maintenir la population dans la dépendance.

← 169 | 170 → L’exercice de la violence a donc comme première conséquence la chute de la participation associative. La méfiance s’instaure, chacun craignant que son voisin soit un « soplón ». L’une des dirigeantes de la FEPOMUVES décrit le climat qui règne alors dans la ville : « Las organizaciones fueron las primeras víctimas de toda esta violencia que hubo en el país. Muchas dirigentas tuvieron que irse o abandonar sus cargos. Muchas tuvieron traumas psicológicos. Mucho terror. El daño sicológico ha sido extremo. Muchas dirigentes fueron amenazadas y tuvieron que alejarse »16.

Mais les actes de violence ne représentent qu’une partie de stratégie sentiériste à Villa El Salvador. L’objectif est avant tout d’infiltrer un maximum d’associations afin de contrôler et de perturber la vie communautaire, et pour cela gagner d’abord la confiance de certains pobladores.

L’infiltration : diviser pour régner

Le Sentier Lumineux rejoint la communauté de Villa par différents canaux comme la participation aux occupations de terrains ou la présence de certains cadres du parti dans les écoles. Une fois la présence sentiériste assurée dans le pueblo joven, il s’agit d’infiltrer les organisations populaires pour pouvoir y aiguiser les tensions et y semer le désordre.

Deux organisations font l’objet d’une attention plus particulière : l’APEMIVES17 (asociación de pequeños y medianos empresarios de Villa El Salvador) et la direction de la CUAVES. En déstabilisant ces dernières, le Sentier Lumineux cherche à atteindre son ennemi principal, Izquierda Unida.

Le Sentier Lumineux avive ainsi les conflits entre la CUAVES et le pouvoir municipal, en infiltrant la direction. Lors de la 6ème convention de la CUAVES, le 30 août 1992, la municipalité est ouvertement attaquée et accusée de faire partie de l’État corrompu. De plus, les participants à la Convention demandent que les militaires se retirent de la ville, que les aides internationales soient gérées par la CUAVES, que plusieurs ONG quittent Villa El Salvador et que les rondes urbaines contre le Sentier Lumineux cessent18. Cette convention témoigne donc du succès obtenu par le Sentier au sein de la communauté.

← 170 | 171 → 4. Un ordre nouveau ?

Si la dénonciation de l’État constitue l’un des axes majeurs du discours sentiériste, c’est en se substituant à lui que l’organisation terroriste parvient à gagner la confiance d’une partie des habitants de Villa ou d’autres quartiers populaires et périphériques de Lima.

Remplacer l’État : une nouvelle justice terrestre

Dans un premier temps, la stratégie du Sentier Lumineux vise à déstabiliser l’État par l’assassinat de dirigeants populaires et par la création d’« espaces de micro-ordre »19 qui lui permettent d’étendre son influence dans les quartiers pauvres de la capitale.

Parmi les exemples de l’imposition de cette nouvelle justice, la dénonciation des tarifs abusifs appliqués dans les marchés, les sanctions pour les commerçants responsables, la publication des listes des « bons commerçants » ou la création de jugements populaires censés émaner du peuple et destinés non seulement à sanctionner, mais aussi à servir d’exemple. Cette nouvelle « justice populaire » s’applique toutefois également à d’autres terrains, tels que la lutte contre la délinquance ou contre les dirigeants populaires soupçonnés de corruption.

Par ces actions, la guérilla parvient à obtenir un certain degré d’acceptation au sein de la population, comblant là les vides laissés par l’État. Le témoignage d’une dirigeante de cantine populaire est très significatif : « Teníamos miedo de Sendero, pero es necesario reconocer que no era tan negativo. Por ejemplo, había menos delincuencia, ya que los senderistas amenazaban a los jóvenes que se drogaban o que cometían actos criminales. Hasta cierto punto, nos protegían. Es verdad que asesinaron a gente, pero a menudo se trataba de delincuentes, y eso todos lo sabíamos. Se puede decir que hacían lo que la policía no hacía »20. Après avoir imposé le désordre, il s’impose ainsi comme le créateur d’un nouvel ordre.

À la place de Dieu ?

Pourtant, ce n’est pas seulement à l’État que le Sentier Lumineux cherche à se substituer. Il vise également une autre institution : l’Église. Les prêtres sont ← 171 | 172 → présents à Villa depuis sa fondation, notamment dans le domaine de l’éducation, mais également dans l’aide alimentaire aux côtés des cantines populaires. Ils deviennent alors une cible du Sentier qui voit en eux des concurrents. L’organisation va jusqu’à utiliser des références bibliques qui impriment un ton messianique aux paroles du président Gonzalo : « le discours religieux sert directement la lutte interne. Par d’habiles procédés rhétoriques, Guzmán et ses partisans semblent ne plus incarner seulement les lois de l’histoire, mais le mouvement même de la matière, devenant ainsi indestructibles »21.

Le Sentier Lumineux tente donc durant plusieurs années de se substituer aux institutions qui l’empêchent de mener à bien la guerre populaire, c’est-à-dire l’État, l’Église, les organisations populaires et même les ONG qui, tout comme les cantines populaires, sont accusées de servir d’amortisseurs à la crise, empêchant ainsi la population de se révolter.

Abimael Guzmán est arrêté en 1992. La détention qui suit, si elle marque un coup d’arrêt assez brutal aux activités du Sentier Lumineux, n’en efface pas pour autant les effets déjà imprimé sur le tissu social péruvien, fragilisé par ces années de violence. Le gouvernement fujimoriste qui, au début de la décennie 90, accroît sa légitimité par sa victoire sur l’organisation terroriste, profite d’ailleurs de la situation, tout au long des années 1990, en maintenant un climat de crainte et de suspicion. Il donne ainsi naissance à une véritable inquisition « post-sentiériste »22, qui freine la reprise de l’action collective et associative dans les quartiers populaires. De plus, les organisations populaires, féminines ou non, infiltrées ou non par le Sentier, ne sortent pas indemnes du conflit : elles doivent regagner la confiance des pobladores.

Au total, les Péruviens n’ont pas choisi la voie de la violence, préférant opter pour d’autres formes d’action. Il peut s’agir de la voie de l’informalité, que l’économiste Hernando de Soto a appelée « L’autre Sentier »23, ou bien de nouvelles formes de participation dans l’espace public, comme par exemple les dispositifs de démocratie participative. Villa El Salvador sera d’ailleurs la première ville péruvienne à adopter, dès la fin des années 1990, le budget participatif inspiré du Brésil. Il reste aujourd’hui à analyser dans quelle mesure les espoirs générés par ces nouvelles formes d’action seront ou non déçus, et les voies de la violence écartées définitivement ou non.

____________

1 El Diario, juillet 1992.

2 Le gouvernement du général Velasco Alvarado (1968-1975) cherche à revaloriser ces quartiers et remplace donc la traditionnelle appellation « barriada » par « pueblo joven ».

3 La plupart des informations contenues dans cet article sont issus d’un travail de terrain et de recherche d’archives effectué en 1999 et 2000 à Lima.

4 Comisión de la Verdad y Reconciliación, <http://www.cverdad.org.pe/ifinal/index.php>, consulté le 4 avril 2011.

5 Carlos Iván Degregori, Qué difícil es ser Dios. Ideología y violencia política en Sendero Luminoso, Lima, Ed. El Zorro de abajo, 1989.

6 Hernando de Soto, El Otro Sendero, la revolución informal, Lima, Editorial El Barranco, 1986.

7 Entretien avec Martin Pumar, maire de Villa El Salvador, en juillet 1999.

8 El Diario, n°551, 1989.

9 Rosa Mavila León, « Presente y futuro de las mujeres de la guerra », Quehacer, n°79, 1992.

10 Programme d’aide alimentaire lancé à l’initiative du gouvernement municipal de Lima dès le début des années 1980.

11 Rosa Mavila León, op.cit., p. 49.

12 Abelardo Sánchez León, « Lima, horrible y violenta », Quehacer, n°77, mai-juin 1992.

13 El Diario, 24 juillet 1988.

14 Expression de Mao Zedong, qui sera reprise par Mario Vargas Llosa.

15 Michel Wieviorka, Sociétés et terrorisme, Fayard, Paris, 1988.

16 Entretien avec Esther Flores, dirigeante de la FEPOMUVES, 24 juillet 2000. Esther Flores elle-même dut quitter le pays pendant plusieurs mois.

17 Le choix de l’APEMIVES est également stratégique car cette association est l’une des organisations populaires créées avec l’aide de la municipalité. Créée en 1987, elle rassemble les différents groupes d’entrepreneurs installés dans le Parc Industriel, zone emblématique de l’organisation autogestionnaire de Villa El Salvador.

18 Acuerdos de la VI Convención de la CUAVES, 30 août 1992.

19 Carmen Rosa Balbi, « Sendero Luminoso : el fin de una historia en Lima ? », Pretextos, n°7, 1995.

20 Entretien avec Rosario Fernández, dirigeante de la cantine populaire Santa María del Rosario, à Villa El Salvador, 15 octobre 1999.

21 Carlos Iván Degregori, « L’effondrement surprenant du Sentier Lumineux », Problèmes d’Amérique latine, n°13, avril-juin 1994, p. 9.

22 Jo Marie Burt, « La inquisición pos-senderista », Quehacer, n°92, 1994, p. 30.

23 Op. cit.