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L’ennemi de la mort

Le combat perpétuel d’Elias Canetti

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Marion Dufresne

Notre conscience de la mort détermine nos comportements sociaux : tel est le postulat d’Elias Canetti. Tous les textes de l’auteur, que ce soient l’autobiographie, l’œuvre fictionnelle ou les inclassables Réflexions, sont mis à contribution pour démontrer l’omniprésence de la mort. Elle joue un rôle fondamental dans les différentes formations de masse et elle est l’arme la plus redoutable entre les mains des potentats de tout acabit. Le présent ouvrage tente de démontrer que, pour Canetti, la tâche essentielle du poète digne de ce nom est de ne se confronter à l’empire néfaste de la mort que pour mieux la combattre. Face à cette menace Canetti développe sa conception anthropologique et poétologique de la métamorphose. Ne jamais oublier combien nous sommes vulnérables, ne doit pas conduire au désespoir. Il incombe aux poètes de rappeler à l’homme son aptitude à la métamorphose. Il nous faut réapprendre à nous saisir de cette arme qui reste la plus efficace pour échapper au règne du trépas.
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Conclusion

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L’œuvre de Canetti constitue un ensemble complexe mais cohérent de textes dont l’objectif est double: l’auteur cherche, tant par la forme que par le contenu, à démontrer que la certitude de mourir constitue le mal absolu sur lequel se fonde l’existence humaine. Tous ses ouvrages publiés sont à considérer comme l’illustration des multiples facettes de la mort et sont l’instrument même du combat que Canetti engage contre elle.

Ecrire signifie pour Elias Canetti se déclarer ouvertement «l’ennemi de la mort» pour débusquer celle-ci derrière tous les masques dont elle dispose. Il espère libérer ainsi les forces qui, sommeillant en chacun de nous, permettent de ne pas céder à la tentation de trouver finalement en la mort un allié précieux dans une lutte individuelle pour la survie. C’est avant tout cette intention qui, selon l’auteur, doit guider non seulement la plume de l’écrivain, mais constituer pour toute création artistique un défi permanent à relever. Cette tâche essentielle que Canetti assigne à l’art et qui exige de voir les choses telles qu’elles sont et d’en témoigner (ce qui vaut aussi et surtout pour le mal) est à l’origine de cette apparente contradiction qui caractérise le processus créateur chez Canetti. Celui qui réflechit par ailleurs à une façon de représenter la mort «comme si elle n’existait pas», ne cesse de parler du trépas pour en faire le véritable fondement, le cœur m...

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