Show Less
Restricted access

La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
Show Summary Details
Restricted access

III. Ressemblance embaumée et pourtraitures Analogies

Extract

III.

Ressemblance embaumée et pourtraitures Analogies

Une comparaison avec le rôle dévolu à la ressemblance dans le culte funéraire des Romains avec celui du culte funéraire des chrétiens au XIIIe siècle met particulièrement bien en relief dans quelles conditions les pourtraitures des individus firent leur apparition à la fin du Moyen Âge.

Si les Romains évitaient autant que possible la représentation des dépouilles profanatrices, en réalisant des empreintes en cire des trépassés, qu’ils retravaillaient pour leur donner un aspect vivant, la situation est complètement différente dans le christianisme. 352 Ici, comme il a été dit, le corps mort appartient à la condition salvatrice chrétienne, c’est pourquoi son exposition et sa représentation sont souhaitées au moment où le corps humain fait l’objet d’une pro-fonde revalorisation. Paravicini Bagliani, par exemple, constate qu’« à la lecture du Liber pontificalis du XIIe siècle [il s’agit d’un cérémonial pontifical, N.D.A.] on peut parler d’une véritable réévaluation historiographique de la dépouille avec tout ce que cela implique ». 353 Aussi nous avons interprété l’embaumement en cire comme le symptôme de cette réévaluation de la dépouille.

Cette réévaluation du corps mort va de pair avec une réévaluation de la ressemblance, c’est-à-dire de l’aspect corporel. En établissant un le lien entre la réévaluation de la dépouille et la ressemblance conservée se...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.