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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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II. L’aspect corporel et les autres formes de représentations funéraires

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II.

L’aspect corporel et les autres formes de représentations funéraires

Comme montré dans la présente étude, l’évocation mimétique d’une personne fait son apparition en Occident au tournant des XIIe et XIIIe siècles, pour ensuite gagner progressivement en valeur. L’embaumement des dépouilles en est un signe manifeste dans le domaine du culte funéraire. Les dépouilles exposées jouent ainsi un rôle important pour suggérer la présence du défunt. La réévaluation du corps humain, qui est à l’origine de cette situation, conduit également à la valorisation de l’aspect humain. Il fut interprété comme la référence précise à un individu, comme montré dans la Quatrième partie. L’exposition de la dépouille mise à part, l’aspect corporel en tant que « signe référentiel » d’un individu – ainsi décrit par Pietro d’Abano – se manifeste particulièrement bien dans un autre élément des rites funéraires.

Dans le contexte des représentations tenant lieu du cadavre, que Ginzburg analyse, on peut attirer l’attention sur le fait que l’effigie fait son apparition en France avant la mort de Charles VI (1422). La représentation du cadavre par un mannequin mimétique semble côtoyer déjà très tôt les évocations non mimétiques du défunt lors des funérailles. Ce développement paraît logique, vu que l’aspect corporel devient un renvoi à l’individu depuis le début du XIIIe siècle...

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