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Textes sacrés et culture profane : de la révélation à la création

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Edited By Mélanie Adda

Cet ouvrage, partiellement issu de réflexions engagées lors du colloque interdisciplinaire « Textes sacrés, Arts et Sciences » (dirigé par Mélanie Adda, INHA, Paris, 11-12 janvier 2008), traite dans une double perspective de la relation entre les textes sacrés et la culture profane qui s’y rapporte ou qui s’y heurte. Les auteurs se sont d’abord interrogés sur la possibilité d’une définition en intension de la sacralité textuelle. En observant le devenir de critères propre à la définir (comme l’origine divine) dans des contextes aussi différents que le judaïsme hellénistique, le Moyen Âge chrétien ou encore le confucianisme, les études de ce volume mettent en lumière la complexité de la notion de texte sacré, qui ne peut sans doute recevoir d’autre définition qu’en extension.
L’autre objectif de ce recueil est d’étudier la réception des textes sacrés dans les civilisations et les cultures profanes dont ils sont les principaux fondements, en observant non seulement le statut que l’objet profane reconnaît au texte sacré auquel il emprunte, se consacre ou s’oppose, mais aussi le statut que ce même objet profane s’attribue alors à lui-même ou se voit attribuer.
Ce double aspect de la réception du texte sacré est étudié à travers diverses productions culturelles, des plus directement liées à la source sacrée – comme les apocryphes, les traductions, l’exégèse et les enluminures –, aux plus indépendantes – comme la création littéraire –, en passant par celles qui, comme certaines sciences positives, doivent contourner le texte sacré, ou encore celles qui le détournent à des fins polémiques ou politiques.

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Géraldine HERTZ L’exégèse philonienne entre sacré et profane : Philon, un nouvel Aaron ? 53

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L’exégèse philonienne entre sacré et profane : Philon, un nouvel Aaron ? Géraldine HERTZ Université Paris-Est Philon vécut au Ier siècle de notre ère dans la cité vraisemblablement la plus cosmopolite de l’Empire romain : Alexandrie. Dans la ville du conquérant macédonien, passée depuis l’an 30 avant Jésus-Christ sous domination romaine, se mêlaient comme en un creuset les cultures grecque, égyptienne et juive. Philon, comme l’ensemble de la population juive de la ville, était parfaitement hellénisé. Son œuvre témoigne, par exemple, de sa bonne connaissance des positions défendues par les grandes écoles grecques de son temps : stoïcisme, aristotélisme, pythago- risme, et surtout platonisme. Et si, à l’inverse des penseurs grecs, c’est la Bible, et non Homère ou Hésiode, qui fut sa référence première1, Philon la lisait en grec, dans la traduction des Septante, et non en hébreu. La question « Philon, Juif ou Grec ? », posée durant plusieurs siècles par la critique, ne semble plus pertinente : comme le souligne Benny Lévy, « la réponse va de soi : Juif et Grec2 ». Philon se trouve en effet à la croisée de l’hellénisme et du judaïsme. Sa vie durant, il s’employa à l’exégèse en langue grecque de la Torah, dont Moïse était tenu pour l’auteur inspiré3, commentant ainsi dans la langue de Platon la Loi des Hébreux. Nous remercions Monsieur le Professeur Carlos Lévy pour sa relecture et...

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