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Textes sacrés et culture profane : de la révélation à la création

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Edited By Mélanie Adda

Cet ouvrage, partiellement issu de réflexions engagées lors du colloque interdisciplinaire « Textes sacrés, Arts et Sciences » (dirigé par Mélanie Adda, INHA, Paris, 11-12 janvier 2008), traite dans une double perspective de la relation entre les textes sacrés et la culture profane qui s’y rapporte ou qui s’y heurte. Les auteurs se sont d’abord interrogés sur la possibilité d’une définition en intension de la sacralité textuelle. En observant le devenir de critères propre à la définir (comme l’origine divine) dans des contextes aussi différents que le judaïsme hellénistique, le Moyen Âge chrétien ou encore le confucianisme, les études de ce volume mettent en lumière la complexité de la notion de texte sacré, qui ne peut sans doute recevoir d’autre définition qu’en extension.
L’autre objectif de ce recueil est d’étudier la réception des textes sacrés dans les civilisations et les cultures profanes dont ils sont les principaux fondements, en observant non seulement le statut que l’objet profane reconnaît au texte sacré auquel il emprunte, se consacre ou s’oppose, mais aussi le statut que ce même objet profane s’attribue alors à lui-même ou se voit attribuer.
Ce double aspect de la réception du texte sacré est étudié à travers diverses productions culturelles, des plus directement liées à la source sacrée – comme les apocryphes, les traductions, l’exégèse et les enluminures –, aux plus indépendantes – comme la création littéraire –, en passant par celles qui, comme certaines sciences positives, doivent contourner le texte sacré, ou encore celles qui le détournent à des fins polémiques ou politiques.

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Alexandre SOLIGNAC L’exégèse de Paul Claudel entre poésie, théologie et sciences 89

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L’exégèse de Paul Claudel entre poésie, théologie et sciences Alexandre SOLIGNAC Université Paris-Sorbonne Ce qu’on appelle l’œuvre exégétique de Claudel, ou ses commentaires bibliques, regroupe la moitié de ses œuvres complètes. Ce sont essentiel- lement des textes écrits par le poète-diplomate une fois la retraite venue, à partir des années 1927-1930 jusqu’à sa mort en 1955, ainsi que quel- ques œuvres plus anciennes et plus courtes, parallèles à sa « première » carrière poétique et dramatique. La Bible est alors devenue son objet d’écriture principal, et les poèmes, ainsi que la réécriture de ses pièces de théâtre (souvent à l’occasion de mises en scène tardives) viennent en second. Citons quelques titres de ces œuvres d’exégèse, parmi les plus connus : Les Aventures de Sophie (1937), Un Poète regarde la Croix (1938), L’Épée et le Miroir (1939), Présence et Prophétie (1942), La Rose et le Rosaire (1947), Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques (1948), Emmaüs (1949), L’Évangile d’Isaïe (1951), ou encore, parmi les nombreux commentaires de l’Apocalypse, le premier d’entre eux, Au milieu des vitraux de l’Apocalypse (posth., 1966)1. Pourquoi situer cette exégèse au carrefour de ces trois voies, de ces trois domaines de l’esprit que sont la poésie, la théologie et les sciences ? On trouve les trois dans la Bible comme dans l’exégèse de Claudel. Peut- on les...

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