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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Edited By Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Pierre OUELLET: La volatilité du sujet: topographie de la migration chez Joël Des Rosiers 25

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La volatilité du sujet: topographie de la migration chez Joël Des Rosiers Pierre OUELLET Université du Québec à Montréal Cayes, cayennes, keys… la mer des Caraïbes semble remplie de cailloux. Comme si un énorme Petit Poucet y avait semé son chemin de pierres au large de la terre ferme pour pouvoir un jour retourner chez lui… Chez lui? En Afrique? En Europe? En Amérique? Les petits et les grands Poucets des Caraïbes ne savent plus trop d’où ils sont: leurs milliers de cailloux semblent semés dans tous les sens, traçant dans l’océan des chemins qui mènent vers tous les continents. Ils forment un «archipel», au sens étymo- logique du terme. L’Aigaion pelagos, dans la Grèce antique, n’est pas un substantif mais un nom propre, un toponyme: il désigne la mer Egée, ce lieu de passage et de migration de l’ancien Monde où l’on allait d’une île à l’autre, traçant son chemin telle une ligne brisée entre les multiples points dont le dessin formait de loin ce qu’on appelle désormais un archipel, une «mer Egée» métaphorique, une étendue indéfinie ponctuée ici et là de petits ou de gros cailloux qui permettent de poser le pied comme lorsqu’on passe une rivière à gué. Le mot pelagos dénote «la pleine mer» et non la terre, si infime soit-elle – îlot, récif, caillou –, tout comme le mot pontos, d’ailleurs, désigne non pas le «pont...

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