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Quand la Maison-Blanche prend la parole

Le discours présidentiel de Nixon à Obama

Luc Benoit à la Guillaume

Au vingtième siècle, l’essor d’une présidence américaine forte est inséparable de la montée en puissance du discours. Véritable pouvoir informel, la prise de parole publique s’est imposée lors des campagnes électorales mais également pour gouverner, représenter la nation, en célébrer les valeurs et faire pression sur le Congrès. Elle a donné naissance à une riche tradition rhétorique et relève surtout de la manipulation des affects de l‘opinion publique.
Cet ouvrage étudie la manière dont la parole présidentielle se plie aux formats et aux exigences mercantiles des médias pour proposer au peuple deux versions faussement antagonistes du rêve américain. Fille de la présidentialisation du système politique, n’en a-t-elle pas accompagné la démocratisation avant de proliférer afin de compenser le déclin des partis et la fermeture croissante du champ politique ? Ce livre retrace l’essor de la parole présidentielle, étudie ses fonctions, de l’élection du président à l’exercice du pouvoir en passant par la célébration des rites de la religion civile, et éclaire la manière dont les présidents exploitent ses règles rituelles et rhétoriques.

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Première partie: La parole présidentielle comme pouvoir informel 21

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Première partie : La parole présidentielle comme pouvoir informel 23 1. Quand les présidents prirent la parole : une brève histoire du discours des présidents Le président des Etats-Unis s’exprime publiquement une, voire plusieurs fois par jour36. Relayés et commentés par les moyens de communication modernes, ses discours les plus importants sont susceptibles d’être lus, vus ou entendus par des dizaines de millions de gens. Son poids média- tique est tel que la prise de parole publique nous semble naturellement faire partie des attributs de la fonction présidentielle. Or il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, le président s’exprimait peu, ne faisait pas campagne personnellement pour obtenir l’investiture de son parti puis pour se faire élire ou réélire et ne tentait presque jamais de contourner le Congrès en s’adressant directement au peuple. Outre le discours sur l’état de l’Union, le seul explicitement pré- vu par la Constitution, qui n’était toutefois plus prononcé en personne par le président depuis l’accession de Thomas Jefferson à la présidence en 1801, le locataire de la Maison-Blanche prononçait surtout des dis- cours rituels, discours d’investiture, d’adieu, ou lors de la fête nationale le 4 juillet. Ses discours étaient ceux d’un chef d’Etat consensuel et non d’un chef de gouvernement qu’il n’était pas vraiment, sauf en cas de conflit, notamment pendant la guerre de Sécession. C’est au d...

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