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Plurilinguisme et Avant-Gardes

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Edited By Franca Bruera and Barbara Meazzi

Au cours des premières décennies du XX e siècle, les horizons littéraires et artistiques s’élargissent bien au-delà des frontières géographiques et culturelles de l’Europe. Les artistes et les écrivains en quête de nouvelles formes d’expression vont donner naissance à différents mouvements d’avant-garde conçus, entre autres, comme de véritables laboratoires d’expérimentations langagières.
Le plurilinguisme comme source intarissable de création, mouvement dialectique et caisse de résonance de la crise ontologique du langage qui se réclame, dès 1913, du « polyglottisme », est l’une des caractéristiques principales de ces avant-gardes.
Cet ouvrage rassemble des contributions qui approfondissent la question du plurilinguisme des arts et des lettres, en débordant du cadre de la babélisation. En effet, si dans la tour de Babel la compréhension était ardue et complexe, dans l’espace du plurilinguisme les « Tours de Babel changées en ponts » (pour reprendre les mots d’Apollinaire, figure emblématique de cet ouvrage) donneront lieu à une confusion féconde des langues et des langages.

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QUATRIÈME PARTIEDISSÉMINATIONS

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QUATRIÈME PARTIE DISSÉMINATIONS 435 F. T. Marinetti auto-traducteur ou la quête d’une « langue de l’exil » Tatiana CESCUTTI Università di Roma La Sapienza En 1916, à l’apogée de la période futuriste dite « héroïque » (1909- 1918), F. T. Marinetti propose la traduction italienne de quelques-uns de ses poèmes préfuturistes composés en français, tirés des recueils Des- truction et La Ville Charnelle (respectivement de 1904 et 19081) qu’il qualifie en exergue de « vers libres » et qu’il fait suivre du poème motlibriste Zang tumb tumb publié en 19142. Ce corpus paraît sous le titre : Scelta di poesie e Parole in libertà (da « Distruzione », « La città carnale », « Zang tumb tumb »)3. Cette disposition en recueil semblerait contrevenir aux principes d’antipasséisme formulés dans le Manifeste de Fondation du Futurisme, publié dans Le Figaro en février 1909, si elle ne venait en fait confirmer une duplicité intrinsèque – au sens de fondatrice – de l’esthétique mari- nettienne de la modernité : une ambivalence par ailleurs dont le Mani- feste de 1909 est lui-même une illustration, voire une précieuse clé d’interprétation. La rupture d’avec la tradition que le Manifeste notifie en onze points est introduite, comme l’on sait, par un préambule relatant le récit my- thique de la fondation du Futurisme, un récit aux accents symbolistes qui évoque une course folle en automobile où chaque virage permet d’« amadouer la mort »4. La voiture termine sa course...

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