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La négociation dans les projets urbains de tramway

Eléments pour une sociologie de la « ville durable »

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Edited By Philippe Hamman, Christine Blanc and Cécile Frank

Qu’est-ce qu’une « ville durable » ? Comment se construit-elle collectivement ? Alors que la thématique de la « participation citoyenne » fait aujourd’hui florès, quelle part concrète prennent les habitants à la fabrique de la ville et au tissage de ses urbanités ? Quels acteurs et institutions se trouvent en interaction, voire en conflit, et quels compromis se dessinent ? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage interroge la négociation dans les projets de tramways. Les transports et les mobilités urbaines sont, en effet, très éclairants, car les acteurs y sont sollicités dans une double contribution d’attaches au quartier et de circulations dans l’aire urbaine.
Deux agglomérations ont fait l’objet d’une attention particulière, Strasbourg et Montpellier, entre lesquelles un certain nombre de circulations d’acteurs et de références sont perceptibles. Si le tramway, dans ses aspects techniques, semble une figure obligée et acceptée de la grande ville, l’étude des négociations et/ou des transactions qui s’opèrent dans ce « grand projet » révèle une articulation variable entre les trois piliers du développement durable – économique, environnemental et social – ainsi que des résistances. Il n’y a pas de modèle unique de mobilité durable.

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DEUXIÈME PARTIE - ACTEURS, PROCESSUS ET ENJEUX : QUALIFIER LA NÉGOCIATION DANS LE PROJET URBAIN DE TRAMWAY

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DEUXIÈME PARTIE ACTEURS, PROCESSUS ET ENJEUX : QUALIFIER LA NÉGOCIATION DANS LE PROJET URBAIN DE TRAMWAY 123 Introduction La dimension « naturelle » du « grand projet » mérite d’être d’interrogée pour faire ressortir plus précisément la place de la négocia- tion et des dynamiques transactionnelles dans le projet urbain de tram, sa portée et ses limites. Le lien entre les répertoires d’action repérés plus haut se fait en particulier par la promotion (incantation ?) de la démocratie locale. Celle-ci s’incarne dans le registre de la « gouvernance urbaine », en appelant au citoyen actif, comme un mode de gouverne qui serait davan- tage démocratique que le « gouvernement des villes » (Le Galès, 1995 ; Gaudin, 1997). La démocratie représentative entretient l’illusion selon laquelle ce sont les élus seuls, fondés à le faire au titre du suffrage universel, c’est-à-dire du principe majoritaire, qui prennent les déci- sions, au nom de l’intérêt public (Schumpeter, 1951). Pourtant, celles-ci peuvent s’analyser comme le résultat d’une transaction bipolaire entre deux principes de légitimité en tension : la représentation et la compé- tence technique ; différents exemples l’attestent autour des projets de tram. La confiance des électeurs dans les urnes ne garantit pas à elle seule qu’un élu détiendra les savoir-faire permettant de traiter tous les problèmes du territoire en question. C’est là que prennent place des experts qui les entourent, formant l’appareil technique des collectivités territoriales. Mais cette...

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