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Guerre à la guerre

La leçon de « Coenobium »- Préface d’Arturo Colombo

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Claudio G. Anta

Parmi les exilés italiens qui atteignent le Canton du Tessin, après l’action répressive des gouvernements Di Rudini et Pelloux de 1898, figurent Enrico Bignami, Giuseppe Rensi et Arcangelo Ghisleri. Ceux-ci fondent, à Lugano, « Coenobium », la « revue internationale de libres études », qui existera de 1906 à 1919. La naissance de ce périodique coïncide avec la crise du positivisme de la fin du XIX e siècle, le modernisme naissant et un idéal socialiste d’inspiration mazzinienne.
Publiée principalement en italien et partiellement en français, « Coenobium » se distingue par la pluralité des thèmes traités : de la science au droit, de l’histoire à la philosophie, de la littérature au spiritualisme, de la pédagogie à la psychologie. Toutefois, avec le premier conflit mondial intervient un changement dans la ligne éditoriale de la revue, alors dirigée par Bignami, qui décide d’en faire un influent instrument de propagande pacifiste grâce à la rubrique « Guerre à la guerre ! ».
Le périodique mobilise alors une série de personnalités de premier plan, issues du monde culturel et politique international. Elle publie ainsi les interventions de William Jennings Bryan, Henri La Fontaine, Heinrich Lammasch, Giuseppe Emanuele Modigliani, Giuseppe Motta, Karl Liebknecht, Charles Richet, Romain Rolland, Claudio Treves et Filippo Turati. Leurs textes se retrouvent dans l’anthologie, qui constitue une partie importante de ce livre.

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Préface

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J’ai commencé à fréquenter le canton du Tessin – en particulier Lugano – au début des années 1960, quand Vittorio Beonio-Brocchieri venait souvent y retrouver ses nombreux amis : le maire Paride Pelli, Pino Bernasconi et, naturellement, Giuseppe Prezzolini. Ensuite, en lisant les écrits de Giuseppe Martinola, j’ai rapidement compris que celui qui connaissait un peu l’histoire des rapports entre l’Italie et la Suisse – ou mieux, entre l’Italie et le canton du Tessin – devait aussi se mesurer au rôle important qu’avait su assumer, pendant les deux premières décennies du XXe siècle, la revue Coenobium, que j’ai décou- verte pour la première fois en fréquentant la bibliothèque cantonale de Lugano, à l’époque dirigée par Adriano Soldini. Mais il me semble, et cela surtout depuis quelque temps, que bien peu de gens se rappellent avec suffisamment de clarté et d’indépendance de jugement des noms des principaux collaborateurs et des thèmes approfondis par cette glorieuse revue. Voici donc une des raisons pour saluer avec complaisance ces pages, où Claudio Giulio Anta a su « relire » cette singulière « revue internationale de libres études » et, en même temps, enrichir son étude de cette significative anthologie des textes les plus importants qui témoignent immédiatement de la multi- plicité et de la richesse des « signatures » qui ont animé le vif débat de la revue. Le thème principal, devenu presque un leitmotiv, met en cause le « nœud » massif, ou plutôt encombrant,...

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