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L’énonciation dans la poésie moderne

Approche linguistique des genres poétiques

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Adam Aegidius

La définition de la poésie hante les poètes comme les chercheurs depuis longtemps. Mais peut-on la définir ? La poésie a-t-elle une essence ? Contient-elle des éléments qui lui sont propres ? Ou faut-il la considérer dans une perspective plus large ?
Ce livre examine la poésie moderne sous la perspective des genres et de l’énonciation.
La question des genres s’impose d’autant plus que certaines œuvres poétiques modernes habituellement décrites comme « inclassables » peuvent en fait être intégrées à des genres nouveaux. Parmi ceux-ci, les genres de l’épopée lyrique, de l’autofiction poétique et de la chronique poétique seront ici étudiés méthodiquement, ce qui permettra ainsi d’explorer les limites des genres poétiques modernes.
Fortement liée à cette problématique des genres, la question de l’énonciation conduit à se demander qui parle dans les textes. Celui qui parle dans la poésie, est-ce seulement, comme on l’a souvent affirmé, le « je » lyrique ? Et comment définir cette instance selon des principes linguistiques et énonciatifs ?

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INTRODUCTION. Enjeux théoriques

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21 INTRODUCTION Enjeux théoriques I. Qu’est-ce que l’énonciation ? A. L’énonciation selon Benveniste Toute l’œuvre d’Émile Benveniste explore d’une manière ou de l’autre des aspects de ce qu’on appelle l’énonciation. C’est cependant dans son article « L’appareil formel de l’énonciation » qu’il expose le plus explicitement ce qu’il entend par énonciation : L’énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte in- dividuel d’utilisation. […] – Il faut prendre garde à la condition spécifique de l’énonciation : c’est l’acte même de produire un énoncé et non le texte de l’énoncé qui est notre objet. Cet acte est le fait du locuteur qui mobilise la langue pour son compte1. Consistant dans « l’acte même de produire un énoncé », l’énoncia- tion ne peut être réduite à la structure de l’énoncé. Si l’énoncé constitue un « texte » ayant un contenu, l’énonciation n’est pas seulement à entendre comme l’expression du fonctionnement de l’énoncé. Il faut insister sur le fait que l’énonciation est la « mise en fonctionnement de la langue », la réalisation ou l’actualisation du pouvoir de la langue, un « acte », et un acte « individuel ». Dans la suite de son article, la tâche de Benveniste consiste à déterminer les « caractères linguistiques de l’énonciation »2. Benveniste s’engage donc à trouver les « caractères formels de l’énonciation » à l’intérieur de la langue3. On peut grouper ces carac- tères formels dans quatre domaines : 1) l’inscription du locuteur dans l’énonciation, 2)...

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