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Gouverner les fins de carrière à distance

"Outplacement" et vieillissement actif en emploi

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Thibauld Moulaert

Alors que l’Europe célèbre en 2012 l’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations, ce livre revient sur la mise en œuvre d’une politique de « vieillissement actif » en Belgique, à travers le prisme de l’ outplacement généralisé aux 45 ans et plus.
Situant les origines internationales du « vieillissement actif », l’auteur rappelle d’abord que cette idée se réduit, une fois encore, à vouloir prolonger les carrières. Surtout, en s’appuyant sur l’observation de vingt candidats et d’une trentaine de consultants en outplacement, il explique comment ce dispositif organise une nouvelle manière de gérer les fins de carrière, de plus en plus « à distance » de l’État via l’intervention de ces consultants et via un report de la responsabilité de la quête d’emploi à charge de l’individu.
L’inspiration foucaldienne lui permet de relier cette action publique (la conduite des conduites) et le travail sur soi (la conduite de soi) dans un seul et même mouvement au cœur des pratiques des professionnels de l’ outplacement. Si l’individu y est appelé à devenir « self-sufficient », l’analyse montre que tous n’y parviennent pas et que des formes de résistance se dessinent. In fine, si le but de cette action publique est de « remettre le sujet au cœur du débat », ses effets paradoxaux appellent un regard sociologique renouvelé auquel entend contribuer cet ouvrage.

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POSTFACE. Le gouvernement des travailleurs âgés entre approches critique et pragmatique 259

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259 POSTFACE Le gouvernement des travailleurs âgés entre approches critique et pragmatique Par Didier Vrancken S’agissant des travailleurs âgés accompagnés par des dispositifs d’outplacement, un travail sur Soi peut-il être observé, se demande Thibauld Moulaert dans cet ouvrage ? Certes, ces publics de seniors sont loin d’être aujourd’hui totalement oubliés, relégués et cachés dans quelque institution fermée sur le mode asilaire autrefois étudié par Foucault. Pourtant, même en prison, un travail sur Soi s’exerçait bel et bien : travail entrepris par les personnes sur elles-mêmes, dans le confi- nement de quelque sombre cachot, de quelque cellule isolée ou, au contraire, surpeuplée, pour tenter de faire amende honorable aux yeux de la société et des professionnels de la détention. Dès lors, quel peut encore être l’intérêt d’un recours à cette notion pour le sociologue ? En fait, rien de tout cela ici. Ce que l’on entend aujourd’hui par travail sur Soi, expérimenté autour d’une nouvelle intention publique, tend à se déployer dans le monde, à se mêler aux autres, aux dispositifs, et ce, dans une multiplicité de champs de la vie sociale, économique et cultu- relle. Il s’accroche aux droits, aux mots, aux gestes, aux intentions et aux représentations de sujets qui ne sont plus rivés à un seul espace. Il mobilise une quantité de services, de professionnels et d’intermédiaires formés aux sciences humaines et à l’intervention sur les personnes. Travail sans fin...

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