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Modes d’expression agressive dans le contexte socioculturel rwandais

Essai de définition et d’interprétation

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Pélagie Murebwayire

En étudiant via une approche ethnolinguistique le langage injurieux en milieu rwandophone, l’auteure examine les implications socioculturelles de la communication agressive en s’appuyant sur l’analyse grammaticale et l’interprétation sémantique de l’expression tant verbale qu’extra-verbale.
La mise en évidence de la rythmique et de la stylistique dans un choix d’illustrations représentatives vise à montrer que la littérature agressive issue de la tradition orale ne déroge pas aux règles usuelles de la création artistique.
En dévoilant l’âme du peuple rwandais, avec son vécu traditionnel et ses préoccupations existentielles, l’ouvrage vise notamment à interroger la société sur les inégalités sociales traditionnelles qui se traduisent par le langage agressif.

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Introduction générale 15

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15 Introduction générale Toute rwandaise que je sois et pour peu que j’aie été intéressée, à des degrés variables, par différents aspects de la culture rwandaise essentiel- lement en matière de langue, lorsqu’à la fin de 2003, le Professeur Kabuta1 m’a proposé de traduire Umpaángaare nguhaángaare2 un fascicule rédigé en kinyarwanda et portant sur les insultes des gardiens de bétail au Rwanda, j’étais tout de même assez embarrassée. Non pas du fait de me sentir incapable de la faire mais en raison surtout du caractère extrêmement éhonté de ces insultes et qui fait dire de toute personne dont la conduite ou les paroles sont choquantes, qu’elle agit ou se comporte nk’ábashuumba, c’est-à-dire « à la manière des gardiens de bétail ». De ce point de vue, on peut comprendre que traduire les insultes obs- cènes puisse être une entreprise inconfortable. Il m’a été donné d’entendre à maintes reprises de personnes – d’un certain âge, il faut le dire – auxquelles je demandais des informations sur ce sujet, des avis à consonance dissuasive du genre : « … normalement, il est audacieux, à la limite de l’insolence, de faire un travail sur les insultes ; à plus forte raison par une femme, particulièrement lorsqu’il s’agit d’insultes obs- cènes… » Certains allaient même jusqu’à dire qu’il n’y aurait « pas de différence entre écrire sur ce sujet et prononcer des insultes de vive voix… ; qu’en les lisant, le lecteur ne peut éviter d’entendre,...

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