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Comme dans une nuit de Pâques ?

Les relations franco-grecques, 1944-1981

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Lorenz Plassmann

Cet ouvrage a reçu le Prix Joseph du Teil 2013, décerné par l’Académie des Sciences Morales et Politiques de l’Institut de France.

Il fallait combler un vide laissé par l’historiographie anglo-saxonne et grecque sur l’histoire de la Grèce contemporaine : non, la France n’est pas absente de son évolution politique et économique après la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain du conflit elle risque pourtant d’y perdre ses positions privilégiées acquises depuis le XIX e siècle, au profit des Britanniques et des Américains qui intègrent la Grèce dans leur sphère d’influence à l’aube de la guerre froide. Alors que le rôle joué par les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’URSS était étudié pendant des décennies sous toutes ses coutures dans nombre de travaux de recherche, colloques et publications spécialisés sur la Grèce, la France faisait figure de parent pauvre.
Ce livre sur les relations entre la France et la Grèce, depuis le début de la guerre civile grecque en 1944 jusqu’à l’adhésion pleine et entière de la Grèce à la CEE en 1981, rétablit un certain équilibre dans l’historiographie contemporaine. Les archives françaises et grecques consultées par l’auteur, pour certaines jusque-là encore inédites, ouvrent un champ nouveau dans la compréhension des relations entre les deux pays et du rôle joué par la France dans la destinée du peuple hellène au cours de cette période si particulière marquée par la définition d’un monde bipolaire où l’enjeu de la sécurité menace les repères traditionnels.

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TROISIÈME PARTIE. 1963-1974. RÉALISME FRANÇAIS FACE À DOUZE ANNÉES D’INCERTITUDE POLITIQUE GRECQUE

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179 TROISIÈME PARTIE 1963-1974 RÉALISME FRANÇAIS FACE À DOUZE ANNÉES D’INCERTITUDE POLITIQUE GRECQUE Après une période faste marquée par des résultats politiques tangibles et une personnification des relations au plus haut niveau, la France et la Grèce renouent avec les incompréhensions et les désaccords. Le général de Gaulle réoriente sa politique étrangère vers Ankara, développe des thèses peu lisibles sur la question chypriote et conduit une diplomatie de rupture à l’Ouest, ce qui est peu compatible avec les attentes des Grecs. Le courant avec le nouveau Premier ministre Georges Papandréou ne passe pas. Celui-ci ne reste d’ailleurs pas longtemps en place, et sa dé- mission témoigne de la fébrilité institutionnelle avec laquelle renoue alors la Grèce. Le climat politique délétère aboutit à un coup d’État militaire conduit par des Colonels de seconde zone mais qui installent le pays durablement dans un régime contesté sur la scène internationale mais avec lequel les Occidentaux vont pouvoir faire des affaires… La France est la première sur la liste. Elle est la première à recevoir (en nombre) les opposants au régime, mais en même temps la seule à le soutenir en cou- lisses sur la scène européenne pour éviter son isolement total, sans vrai- ment y parvenir. Cette doctrine pragmatique lui permet en retour de renforcer sa coopération avec la Grèce des Colonels...

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