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« Je vous parlerai la langue de l’Europe … »

La francophonie en Russie (XVIIIe-XIXe siècles)

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Elena Gretchanaia

La littérature francophone hors de France aux XVIII e et XIX e siècles est un phénomène culturel encore peu exploré, que cet ouvrage propose de découvrir à partir du cas russe, et sur la base même des textes. Parmi ces auteurs francophones, on trouvera l’impératrice Catherine II, Mme de Krüdener, guide spirituel d’Alexandre I er , la princesse Volkonskaia, surnommée la « Corinne du Nord », le comte Chouvalov ou encore le prince Belosselskiï, mais aussi de nombreuses autres personnalités pratiquement inconnues et dont les écrits, souvent inédits, témoigneront de l’ampleur de la littérature d’expression française en Russie.
Que signifie l’adoption du français en Russie et comment s’opère, par son intermédiaire, l’intégration dans un contexte culturel européen ? En se penchant sur ces questions, cet ouvrage éclairera le dialogue entre différentes cultures ainsi que le rayonnement de la culture française en Europe, à travers une galerie de personnages historiques à la forte singularité.
Dans une riche annexe figureront de nombreux écrits en français : lettres, poèmes, récits, souvenirs.

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Introduction

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En 1671, le père Dominique Bouhours, habitué des salons et écrivain réputé, constate : « Tous les Étrangers qui ont de l’esprit, se piquent de savoir le François… »1. « L’esprit » ne renvoie pas ici tant à une capaci- té intellectuelle qu’à une qualité indispensable pour la vie en société, plus précisément en bonne compagnie, où il faut maîtriser l’art du savoir-vivre, du commerce de monde, de la sociabilité. La conversation est une des manifestations de cet art. L’esprit de société, écrit plus tard Voltaire dans le Siècle de Louis XIV (1751-1752), est le partage naturel des Français : c’est un mérite et un plaisir dont les autres peuples ont senti le besoin. La langue française est de toutes les langues celle qui exprime avec le plus de facilité, de netteté, et de délica- tesse, tous les objets de la conversation des honnêtes gens ; et par là elle contribue dans toute l’Europe à un des plus grands agréments de la vie2. La langue française devient donc « la langue de l’Europe »3 et reste telle tout au long du XVIIIe siècle et au-delà. C’est l’une des marques d’une bonne éducation, d’une distinction sociale, d’une souplesse culturelle. La Russie s’ouvre définitivement à l’Europe par suite des réformes de Pierre le Grand, et, dès la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, la culture russe se développe en contact étroit et permanent avec les cultures...

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