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« Je vous parlerai la langue de l’Europe … »

La francophonie en Russie (XVIIIe-XIXe siècles)

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Elena Gretchanaia

La littérature francophone hors de France aux XVIII e et XIX e siècles est un phénomène culturel encore peu exploré, que cet ouvrage propose de découvrir à partir du cas russe, et sur la base même des textes. Parmi ces auteurs francophones, on trouvera l’impératrice Catherine II, Mme de Krüdener, guide spirituel d’Alexandre I er , la princesse Volkonskaia, surnommée la « Corinne du Nord », le comte Chouvalov ou encore le prince Belosselskiï, mais aussi de nombreuses autres personnalités pratiquement inconnues et dont les écrits, souvent inédits, témoigneront de l’ampleur de la littérature d’expression française en Russie.
Que signifie l’adoption du français en Russie et comment s’opère, par son intermédiaire, l’intégration dans un contexte culturel européen ? En se penchant sur ces questions, cet ouvrage éclairera le dialogue entre différentes cultures ainsi que le rayonnement de la culture française en Europe, à travers une galerie de personnages historiques à la forte singularité.
Dans une riche annexe figureront de nombreux écrits en français : lettres, poèmes, récits, souvenirs.

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CHAPITRE I. À l’origine de la littérature russe en langue française : Vassiliï Trediakovskiï

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29 CHAPITRE I À l’origine de la littérature russe en langue française : Vassiliï Trediakovskiï 1. Études à Paris Les premières œuvres publiées en français par un Russe appartien- nent au poète Vassiliï Trediakovskiï (1703-1769). Fils d’un prêtre, élevé par les capucins italiens aux confins de l’Empire russe, sur les bords de la Volga, il fait ensuite ses études à l’Académie ecclésiastique slavo- gréco-latine de Moscou. À la fin de 1725, il quitte cet établissement et part à l’étranger. Il vit en 1726-1727 en Hollande, à La Haye, auprès du ministre de Russie le comte Ivan Golovkine. Selon le témoignage de Trediakovskiï, c’est là qu’il a appris le français. En Hollande, où paraissait un grand nombre d’ouvrages en français, il a pu commencer à approfondir ses connaissances de la littérature française. En novembre 1727, il arrive à Paris à pied, en raison du manque d’argent. Son but était d’y faire ses études. Dans sa demande de soutien financier envoyée de Paris en décembre 1727, et adressée au Synode de Russie (organe investi du pouvoir ecclésiastique), il écrit que, faisant ses études à Moscou, il souhaitait « les terminer dans les contrées européennes, surtout à Paris car tout le monde sait que c’est là que les sciences sont les plus glo- rieuses »1. Plus tard, Trediakovskiï écrit qu’en France il a étudié la philosophie et les mathématiques à l’Université de Paris et la théologie à la Sor- bonne. Selon lui, il...

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