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Confiance réflexive et institutionnalisme

Des théories libérales du choix rationnel à la gouvernance du fait social monétaire

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Benjamin Six

Les sorties de crise économique se font sans réelle remise en question de l’efficacité du système néo-libéral. Ce dernier bénéficie en effet d’une puissante « confiance du marché », dont l’aspect routinier opère une incapacité institutionnelle de redéfinition démocratique de son programme. Mais la confiance, loin de n’être qu’un instrument de coordination et de stabilisation monétaire, est avant tout la preuve de l’indéfectibilité du lien social et de la primauté de son enjeu non économique. C’est toute la tension entre capitalisation et socialisation qui se donne à voir à travers l’étude de ce phénomène.
Cet ouvrage d’épistémologie politique présente une lecture critique, au travers du prisme de la confiance, du mouvement expansionniste de l’économie politique contemporaine, ainsi que des visions réductrices de l’acteur social et de son rapport aux institutions qu’elle véhicule. Par le biais d’une analyse du paradigme du « capital social », l’auteur décrit, en un premier temps, la façon dont est conçu le geste confiant par les théories de l’action collective établies sur les fondements individualistes du choix rationnel. En mobilisant des réflexions issues de la phénoménologie sociale, du mouvement anti-utilitariste et de l’économie des conventions, le second temps traite du potentiel réflexif offert par le dépassement d’une telle perspective institutionnaliste.

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Avant-propos

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Écrit dans le cadre d’une thèse en philosophie, le texte qui suit a été retravaillé et amputé d’une grande partie du matériau originel afin de se présenter de façon plus concise. Ce travail fut en partie le fruit d’une réaction face à un état de fait, à des idées et des principes composant un air du temps qui me semblait bien sombre, marqué par un mélange de cynisme et de défaitisme. En résultait la mise en place d’une large opi- nion conservatrice et « inactivatrice », proprement inapte à relever les défis posés par les nouveaux enjeux de notre modernité globalisée. Il est attristant de voir à quel point le réflexe critique inscrit dans ce texte est totalement resté d’actualité, tout comme l’est toujours celui formulé par Pierre Bourdieu à la fin du XXe siècle. Plus que jamais même, mainte- nant que des politiques, adoptant le vocable d’une austérité aussi dou- teuse que mal placée, ont pris le relais d’économies malades, rongées par un manque flagrant de projet sociétal sur le long terme. J’espère que cet humble travail d’épistémologie politique offrira à ses lecteurs quelques pistes de compréhension et de réflexion quant à la nature pro- fonde de notre économie politique actuelle. Mes premiers remerciements vont à mon directeur de thèse, Tom Dedeurwaerdere, pour m’avoir fait confiance, et, à travers ce geste, m’avoir donné les moyens de mener à bien ce travail. La « ruse de la...

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