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Francophonies d’Europe, du Maghreb et du Machrek

Littératures & libertés

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Marc Quaghebeur

Travailler la question des Francophonies autour des pays concernés de ce que fut le Mare Nostrum des Romains et interroger les chemins des littératures francophones comme espace potentiel d’invention des libertés sont à l’origine de ce livre, conçu dans le cadre des festivités du quarantième anniversaire de la création du Parlement des Francophones de Belgique. Si ces questions avaient été abordées foncièrement plus tôt, ceux qui, dans les pays du Maghreb et du Machrek, se sont levés pour leur liberté et leur dignité eussent peut-être disposé d’armes plus affûtées.
Ce volume, qui s’attache aux analyses des situations sociopolitiques du Maghreb et du Machrek, comporte en outre des témoignages d’écrivains pris dans leurs complexités linguistiques et culturelles. Il développe enfin des réflexions sur les questions posées par l’enseignement et la prise en compte réelle des littératures francophones des pays concernés.
Tout sauf exhaustif, ce volume, qui relaie les propos d’un colloque conçu avant les « Printemps arabes », entrouvre des perspectives sur un contexte historique en mouvement, qui est notamment le fruit du fait francophone.
Ce que racontent, à partir de leur entre-deux (trois) langues et cultures, les écrivains, rappelle les ressorts profonds et toujours non univoques de la création. Chacun montre bien pourquoi les littératures francophones sont aujourd’hui porteuses de nombreux possibles de la langue française.

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Ce qu’ apprennent les littératures francophones

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CE QU’APPRENNENT LES LITTÉRATURES FRANCOPHONES 123 Langue bifide : le français arabe d’Albert Cossery Touriya FILI-TULLON Maître de conférences à l’Université Lumière-Lyon 2 (France) Choisir de parler de la Francophonie en Égypte pour répondre à « l’urgence d’enseigner les littératures francophones » est une manière de recourir à l’efficacité augurale de l’allégorie pour mieux frapper les esprits. Mais pourquoi un tel impératif s’imposerait-il à nous, aujourd’hui ? Si une urgence suppose l’existence d’un danger imminent, alors nous pouvons considérer celle de la disparition et de l’oubli comme des raisons suffisantes. Par ailleurs, selon Katia Haddad, la littérature égyptienne de langue française constituerait un « cas d’école »1 : voici, en effet, un pays qui n’a, pour ainsi dire, jamais été sous tutelle française et où pourtant la francophonie littéraire a duré près d’un siècle. Le terme en était-il inéluctable ? Rappelons pour mémoire que les premiers écrits en français relèvent de l’imitation du modèle occidental et de l’exotisme. La question de l’identité y est peu abordée, à l’exception d’Ahmed Deif par la voix de François Bonjean. En revanche, on note la présence d’une littérature sociale, qui donne à voir un pays morcelé, cloisonné, avec ses villes aux quartiers étanches et ses iniquités de toutes sortes : injustices sociales, condition faite aux femmes, ignorance dans laquelle est maintenu le peuple. Dans les années 1930, séduit par le surréalisme révolutionnaire, le groupe Art et...

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