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Politiques de la diversité

Sociologie des discriminations et des politiques antidiscriminatoires au travail

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Milena Doytcheva

Cet ouvrage prend appui sur plusieurs enquêtes conduites dans le champ des politiques de lutte contre les discriminations et de diversité au travail, depuis le début des années 2000, dans le contexte français en particulier. Mettant en perspective les politiques françaises avec les travaux européens et les démarches pionnières de firmes étatsuniennes et canadiennes, il propose une analyse critique des démarches des acteurs économiques et politiques français autour de deux hypothèses : l’articulation insuffisante des approches entrepreneuriales de la diversité aux perspectives antidiscriminatoires sous-jacentes, d’une part ; le flou et les incertitudes propres à la notion même de diversité, au contenu de plus en plus polysémique, d’autre part. Des tendances qui favorisent ainsi dans le contexte français la réémergence d’une situation historique, analysée dans l’ouvrage, que marquent l’évitement et l’occultation des catégories d’ethnicité et de « race ».
Se dessinent ainsi les contours d’une diversité sélective ou d’une bonne diversité au travail qui prend en charge certaines formes d’inégalités et de discriminations, mais pas toutes, au risque y compris de recouper des situations et des logiques discriminatoires.

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Conclusion. La diversité au travail, des politiques en trompe-l’œil ?

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175 Conclusion La diversité au travail, des politiques en trompe-l’œil ? Au cours des dernières années en France, les entreprises se sont emparées de la question de la diversité de leurs collaborateurs et ceci plus particulièrement depuis 2004 et le lancement de l’initiative d’une « charte », puis la création en 2008 d’un label indépendant avec le concours des pouvoirs publics. Elles ont été rejointes dans ce mouvement par des collectivités territoriales, des organismes publics, des acteurs professionnels et associatifs. Ces initiatives ont fait suite en France à l’institutionnalisation, relativement récente aussi, d’un dispositif juridique et politique antidiscriminatoire. C’est donc par la traduction des objectifs de non-discrimination en politiques en faveur de la diversité que le monde du travail et l’entreprise, en particulier, se sont appropriés ces thématiques, suivant en cela les démarches des firmes multinationales, des travaux et des préconisations européennes. Les premières approches empiriques conduites sur ces questions ont souligné le caractère souvent hétéroclite des engagements qui reposent sur des mobilisations locales et volontaires de la part des acteurs sociaux, des instruments de « soft-law », en l’absence de cadrage politique et d’action publique plus globaux et coercitifs. Les démarches impulsées par les firmes en matière de diversité dans ce contexte, sous la forme de chartes, de labels et de certifications, ont été lues comme prolongeant, d’une part, des engagements antérieurs (handicap) ou alors « capitalisant », d’autre part, sur des efforts déj...

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