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L’œuvre de Vladimir Nabokov au regard de la culture et de l’art allemands

Survivances de l’expressionnisme

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Alexia Gassin

Jusqu’à présent, les études nabokoviennes ont tendance à ignorer l’influence de la culture allemande sur l’œuvre de Vladimir Nabokov. Ce faisant, elles se conforment aux propos de l’écrivain qui a fréquemment déclaré que, malgré ses quinze années passées en Allemagne (1922–1937), il a toujours évité tout contact avec la langue et l’univers allemands. Pourtant, bien que l’émigration russe à Berlin vive en vase clos, les frontières entre les mondes russe et allemand ne sont pas si étanches, ce qui apparaît nettement dans les fréquentes allusions littéraires de l’écrivain à des œuvres de littérature, de cinéma et de peinture allemandes.
Le présent ouvrage a donc pour objectif de lire l’œuvre de Nabokov dans le contexte de l’art allemand de la fin du XIX e et du début du XX e siècle, notamment de l’esthétique expressionniste et de trois de ses grands thèmes majeurs, à savoir l’altération du psychisme humain, l’ambivalence de la figure féminine et la représentation de la grande ville. Il vise ainsi à proposer une nouvelle interprétation des œuvres russes de Nabokov, à reconstruire le contexte culturel berlinois (cinéma et peinture) dans lequel ces dernières furent créées et à montrer que l’écrivain n’était pas si hermétique à la culture allemande qu’il voulait bien le laisser entendre.

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Troisième partie La grande ville, entre paradis et enfer

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La grande ville représente un thème majeur de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C’est en effet à cette période que la cité connaît une industrialisation et une urbanisation massives conduisant peu à peu les capitales européennes à arborer un statut de grande ville moderne. Ainsi, à Paris, c’est le préfet Georges Eugène Haussmann qui s’occupe des grands travaux de la capitale dont la campagne prend le nom de « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie », menée sous Napoléon III de 1853 à 1870 et décrite en détail dans le roman de Zola La Curée, paru en 1871. Cette métamorphose de la capitale passe par l’aménagement des rues et des boulevards ainsi que par l’introduction de l’eau, du gaz et des égouts, etc., ce que soulignent tout particulièrement l’ouvrage de Jeanne gaillard, intitulé Paris, la ville (1852-1870). L’urbanisme parisien à l’heure d’Haussmann : des provinciaux aux Parisiens : la vocation ou les vocations parisiennes (1977) ainsi que celui de François Loyer Paris XIXe siècle : l’immeuble et la rue (1987) qui indiquent l’apport et la valeur des métamorphoses haussmanniennes. Cette forte industrialisation1 se voit reprise par les domaines littéraire et artistique où la ville devient un personnage à part entière en raison de sa transformation en pouvoir mystique2. Nous assistons alors à la naissance du mythe de la grande ville que les impressionnistes représentent de façon récurrente dans leurs tableaux,...

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