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Ville infectée, ville déshumanisée

Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain

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Sylvie Freyermuth, Jean-François Bonnot and Timo Obergöker

Le programme de recherche Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain a réuni des chercheurs européens dont les travaux, présentés ici, sont entrés en dialogue au sujet de la catégorie de l’espace, en étroite relation avec la géographie, l’histoire, les sciences sociales et politiques, et enfin les sciences cognitives et la cybernétique.
L’espace est soumis aux tensions des difficiles premières années du XXIe siècle (guerres, peurs et fantasmes « terroristes », etc.), de surcroît marquées par une crise économico-financière sans précédent depuis 1929, de telle sorte que les groupes sociaux et les individus s’inscrivent dans des situations très nouvelles dans lesquelles se trouvent réactivés soupçons et défiances à l’égard des institutions politiques et de leurs administrations. Aucun domaine n’est épargné, qu’il s’agisse de l’éducation, de la recherche scientifique ou des activités de diffusion de l’information.
Ce volume explore et analyse la création, essentiellement romanesque, de l’extrême contemporain, où l’espace s’impose avec force, comme en témoigne le rôle rempli par les lieux archétypiques de la « surmodernité » – prisons, usines, périphéries urbaines, voire centrales nucléaires, ensemble de lieux « sans qualités apparentes ». C’est parce que la littérature est à la fois une caisse de résonance des fantasmes et des terreurs et une conscience critique, que ces contributions veulent rendre compte de ce rapport avec l’espace, dont l’humain a lui-même organisé la planétarisation et – paradoxalement – la déshumanisation.
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Du rôle des indices biologiques et culturels dans la propagation de la contamination dans les réseaux sociaux et urbains

Rhétorique de la contagion

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Jean-François P. BONNOT

Université de Franche-Comté

Depuis la pandémie de « grippe espagnole », ultime convulsion du monde en guerre, puis avec le regain d’intérêt pour les grandes épidémies du passé – peste, mort noire1, affaires de possession collective qui ont abondamment défrayé la chronique jusqu’au cœur du XIXe siècle2, la question des lieux de production de la contagion (hôpitaux, bas-fonds urbains, communautés rurales isolées et/ou stigmatisées, etc.) et des réseaux de propagation (groupes de pression religieux ou politiques, supports physiques divers (canalisations, distribution d’air, voies de communication, etc.3), ont alimenté la réflexion des sociologues, des historiens, des épidémiologistes et bien entendu des romanciers, des cinéastes et des auteurs de bandes dessinées. ← 57 | 58 →

Il convient tout d’abord de souligner un fait qui n’est trivial qu’en apparence, celui de la polysémie du terme contagion (que j’utilise pour l’instant de préférence à « contamination », dont il n’est d’ailleurs pas synonyme). Il est vrai que l’on emploie volontiers des métaphores de la contagion à propos « des romans, de la peur, du rire, de la violence, des crises économiques, des révolutions dans les pays arabes et finalement de tout ce qui, hormis la maladie, est susceptible de se transmettre. Ce qui autorise une telle dénomination, c’est évidemment l’existence d’emplois non métaphoriques du mot contagion4. » En outre le terme, de même qu’un certain nombre d’autres de m...

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