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Le multiculturalisme et la reconfiguration de l’unité et de la diversité dans les démocraties contemporaines

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Edited By Jorge Cagiao y Conde and Alfredo Gómez Muller

Le débat sur le multiculturalisme, qui a accompagné pendant les quatre dernières décennies la mise en place des premières politiques multiculturalistes dans les démocraties libérales avancées, a modifié profondément notre manière de percevoir la culture et la diversité culturelle. Nos sociétés auraient ainsi pris conscience du pluralisme culturel qui les traverse, et seraient devenues plus sensibles aux injustices faites aux minorités nationales et culturelles au nom d’une certaine idnom d’une certaine idée de la nation, de la démocratie, de la liberté ou de l’égalité. Pourtant, le multiculturalisme est loin de faire l’unanimité aujourd’hui ; selon certains diagnostics, il serait même en crise.
Le présent ouvrage propose un bilan critique du multiculturalisme, tant au niveau des réalisations des politiques multiculturalistes que de ses apports théoriques au débat sur la diversité et sur l’unité en démocratie. Les conclusions des auteurs sur les trois axes privilégiés dans ce livre (fédéralisme et pluralisme national ; critiques de l’universalité ; reconnaissance du pluralisme linguistique) sont contrastées mais permettent de dresser un tableau clair et nuancé des apports et des limites du multiculturalisme dans les démocraties libérales.
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La politique linguistique québécoise et le multiculturalisme au Canada. Quel modèle de gestion de la diversité ? (Juan Jiménez-Salcedo)

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Juan JIMÉNEZ-SALCEDO

Universidad Pablo de Olavide (Séville, Espagne)

Les lois à portée linguistique comportent une dimension profondément idéologique1, car elles reflètent une conception déterminée de l’État au sein de laquelle différents modèles de reconnaissance de droits sont possibles : il peut s’agir d’une reconnaissance individuelle faite aux citoyens pour qu’ils emploient leur langue maternelle, par exemple auprès de l’Administration, ou encore pour qu’ils puissent scolariser leurs enfants dans la langue de leur choix ; le modèle peut, au contraire, privilégier une conception communautaire et collective des droits linguistiques, donnant la priorité à une langue face à une autre, avec les conséquences plus ou moins contraignantes qui en découlent pour ceux ou celles qui n’ont pas cette langue (majoritaire ou non) comme langue maternelle ou langue d’usage. Selon Pierre Foucher, les droits linguistiques « se caractérisent par leur objet : accorder aux locuteurs d’une langue des droits qu’ils pourront revendiquer à l’encontre du débiteur de l’obligation, généralement le gouvernement »2. Ces droits peuvent être perçus aussi bien individuellement que collectivement : la reconnaissance collective de droits linguistiques va généralement de pair avec des mesures de normalisation linguistique. Dans le contexte canadien, la doctrine s’accorde pour déterminer une distinction dans la conception ← 227 | 228 → des droits linguistiques entre le palier fédéral et le palier québécois. Ainsi, le gouvernement fédéral, par le biais de ses instruments juridiques, con...

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