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Documents diplomatiques français

1970 – Tome II (1er juillet – 31 décembre)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Imperceptiblement, les années 1960 s’éloignent et le décor des années 1970 est déjà planté dans ce second semestre : en Europe, la détente se substitue à la guerre froide ; à la confrontation Est/Ouest succèdent les tensions entre le Nord et le Sud. Le représentant français à l’ONU note très justement « que la 25 e session de l’ONU a été marquée par une révolte des petits contre les grands ». Les pays du Sud découvrent rapidement la force de l’action solidaire.
Une autre caractéristique des années 1970, déjà présente à cette période, est la violence qui se manifeste sous la forme du terrorisme au Québec, dont le retentissement en France est énorme, et de la révolte des Palestiniens de Jordanie, réprimée par le roi Hussein.
Dans ce contexte international renouvelé ou en voie de l’être, comment la diplomatie française se situe-t-elle ?
En Europe, elle est confrontée à un double défi : le premier est le succès de l’ Ostpolitik du chancelier W. Brandt. Le deuxième défi est celui de l’élargissement de la Communauté économique européenne.
Dans le monde, le représentant français à l’ONU a beau estimer que la France a une « position morale exceptionnelle », une « audience non négligeable », la réalité telle qu’elle ressort des télégrammes des postes est plus nuancée.
En Afrique sub-saharienne, la France est malmenée par ses anciennes colonies ou considérée comme une simple pourvoyeuse de crédits.
Au Moyen-Orient, bien que le retrait britannique à l’est d’Aden ouvre un espace à la France, qui en profite pour s’implanter dans la région, la diplomatie française est surtout spectatrice.
En Asie, la France ne peut que déplorer l’impasse des négociations américano-vietnamiennes, la poursuite de la guerre, la reprise des bombardements américains sur le Nord Vietnam, et même l’extension du conflit au Cambodge.
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80 Note pour Monsieur le Ministre

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NOTE

POUR MONSIEUR LE MINISTRE

Affaire Régis Debray1

N.

Paris, 19 août 1970.

Au cours de l’entretien que vous avez eu le 18 juillet avec notre ambassadeur à La Paz, M. Lambroschini2, vous aviez envisagé la possibilité de relancer l’affaire Debray en faisant espérer aux autorités boliviennes une reprise de notre coopération économique (prêt français pour la construction d’une usine de pâte à papier)3.

Une réunion tenue au Département le 4 août et dont je vous prie de trouver le compte rendu ci-joint (en particulier P. 7–8)4 a quelque peu assombri les perspectives. D’une part, la direction du Trésor serait hostile à la réanimation du protocole financier avec la Bolivie et même assez réticente à l’égard de prêts privés garantis par la COFACE5. D’autre part, le président de la République6 à qui M. Lambroschini a eu l’occasion d’exposer son projet, n’aurait guère apprécié le principe même de ce marchandage.

Sur le premier point, il ne me paraît pas impossible de vaincre la résistance de la rue de Rivoli. Je crois savoir en effet, que, si le dossier du prêt à la Bolivie était soumis à M. Giscard d’Estaing7 lui-même, il recevrait un accueil peut-être plus favorable. Je pourrais, si vous m’y autorisez, évoquer directement cette question avec le cabinet du ministre des...

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