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Cixous Party/«Partie» de Cixous

Edited By Marie-Dominique Garnier and Joana Maso

Partie, depuis 1974, est resté, non pas lettre morte, mais lettre tue, accueillie par un silence de presque quarante ans – alors que l’une de ses voisines, Finnegans Wake, bruisse et fait parler d’elle. Certains textes, comme certains vins, grandissent à l’ombre de vastes foudres – sous voile. Quel étrange voile a maintenu ce texte (et, en partie, l’œuvre immense à laquelle elle a servi de laboratoire et de chambre d’échos) à l’écart des chemins de la lecture ? Selon Jacques Derrida l’œuvre d’Hélène Cixous reste méconnue « pour des raisons qui, explicitées, révéleraient tout ce qui, en ce siècle et surtout en ce pays, s’interdit » ( Voiles). Qu’est-ce qui, en Partie, s’interdit ou ne se dit que sous voile ? Beaucoup de choses : le « sujet » s’y fait machine de guerre post-identitaire ; l’objet-livre s’y fait réversible, retors comme un ver ; la littérature s’y connecte à ses envers (parmi lesquels Alice et ses miroirs, ou Proust, parti du côté de « chez Swann » et non de « chez soi »). Livre-ovni, Partie est ici lu comme un cousin possible du Finnegans Wake de Joyce, mais aussi en tant que livre-monde, parti guerroyer contre les scléroses de la pensée occidentale – ici aux prises avec « heideguerre » ou la « pissecanalyse ». Ce volume aborde Partie en tant que puissance ouvrante, œuvre forte où puiser comme à une réserve de voix résistantes.
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L’ecthèse: (Geoffrey Bennington)

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Geoffrey BENNINGTON

« Il faut que l’imprévu puisse arriver1 »

Au crépuscule de l’empire romain, au début du VIIe siècle de notre ère, l’empereur byzantin Héraclius, dont l’historien Gibbon dit que c’est l’un des personnages les plus extraordinaires et les plus inconsistants de toute l’histoire, doit faire face non seulement à de graves problèmes militaires (guerres répétées contre les Perses), mais aussi linguistiques (il impose la langue grecque comme langue officielle de l’empire, se fait appeler Basileus plutôt que Imperator), et peut-être surtout religieuses. Certains disent qu’il fut l’ami de Mahomet lui-même, qu’il semble bien avoir rencontré, et d’aucuns prétendent même qu’il se convertit à l’Islam. Mais pour les chrétiens, c’est Héraclius qui est responsable d’avoir récupéré la dite Vraie ou Sainte Croix, celle sur laquelle le Christ fut crucifié, et dont le bois, selon la Légende dorée, proviendrait de l’arbre dit de vie, à savoir de l’arbre dont Adam et Ève ont mangé le fruit défendu : une graine de cet arbre, semée dans la bouche d’Adam mort par son fils Seth, aurait poussé, donnant ainsi un arbre dont le bois devait permettre au Christ crucifié de racheter le péché originel. Encore aujourd’hui, on peut admirer la version peinte de cette histoire de la Sainte Croix (que je simplifie un peu) dans les magnifiques fresques de Piero della Francesca dans la basilica...

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