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Les États baltes et le système européen (1985–2004)

Être Européens et le devenir

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Philippe Perchoc

C’est toute la question de la place et de la puissance des « sans puissance » en relations internationales qui est ici posée par l’étude de la diplomatie des États baltes après 1991. En effet, ce sont les seules anciennes républiques soviétiques à être devenues membres de l’Union européenne et de l’OTAN en 2004. L’étude de leur place dans le système européen en mutation de l’après guerre froide est donc un élément essentiel permettant de définir l’Europe par ses marges. Et ce, au moment où de nouvelles frontières durables semblent apparaitre sur le continent.
Cet ouvrage montre comment les systèmes politiques renaissants de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie des dernières années de l’URSS ont mis en actes une radicale volonté d’ancrage dans les institutions européennes et atlantiques. Malgré des héritages soviétiques complexes relatifs aux frontières et à la définition du corps citoyen, la politique étrangère a été l’un des objectifs de la transformation.
Au même moment, le modèle de sécurité en Europe évolue radicalement, permettant aux diplomaties baltes de s’insérer dans ses interstices et, par là, de contribuer à sa modification structurelle. Cette interaction entre mutations internes et insertions dans le système européen apporte une illustration concrète du fait qu’il fallait « être Européens, pour le devenir ».
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Chapitre 1. Les contraintes de la « situation » balte pendant et après la guerre froide

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Les contraintes de la « situation » balte pendant et après la guerre froide

La « question balte » a été l’un des contentieux à l’agenda des deux Grands entre 1945 et 1991. Par cette expression on désigne l’occupation illégale des Républiques baltes par l’Union soviétique depuis 1940 et leur annexion. En effet, les protocoles secrets du pacte Molotov-Ribbentropdu 23 août 19391 partagent l’Europe centrale en deux zones. Dans la grande narration de la Seconde Guerre mondiale, cet épisode est souvent oublié, et dans le meilleur cas, seule la Pologne est mentionnée. Norman Davies souligne pourtant que la « protection soviétique a coûté aux États baltes presque le quart de leur population » et que la plupart des livres d’histoire d’Europe de l’Ouest ne le mentionnent jamais2. C’est notamment le cas de la grande fresque d’Eric Hobsbawm sur le court XXe siècle3.

Bien que l’Estonie et la Lettonie aient été pendant sept siècles sous influence germanique4, le Pacte attribuait les deux États à l’Union soviétique. La Lituanie, au départ incluse dans la zone nazie, est par la suite réattribuée à l’URSS5 qui peut ainsi retrouver des régions qui avaient fait partie pendant deux siècles de l’empire russe et qui sont devenues indépendantes à la suite de la Première Guerre mondiale. On discute encore pour savoir si les gouvernements baltes étaient au courant du contenu du pacte peu de jours après...

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