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L’Afrique belge aux XIXe et XXe siècles

Nouvelles recherches et perspectives en histoire coloniale

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Edited By Patricia Van Schuylenbergh, Catherine Lanneau and Pierre-Luc Plasman

Les études historiques sur la colonisation belge en Afrique centrale demeurent méconnues du grand public voire du monde scientifique.
Cet ouvrage collectif rassemble les travaux de chercheurs qui souhaitent dépasser les images et les messages stéréotypés ou peu nuancés mêlant l’histoire aux enjeux politiques et mémoriels. Leurs contributions diversifient les approches pour appréhender une histoire coloniale qui, loin d’être uniforme, se déploie dans des champs, des modes d’action et des réseaux multiples sur le terrain.
Introduit par deux études insérant ces nouvelles recherches sur l’Afrique belge dans une perspective plus large (Courants et historiographies), l’ouvrage trace un parcours historique qui va de la rencontre de l’Autre (Supports scientifiques et savoirs locaux) à son contrôle dans un processus marqué par la recherche de l’efficacité coloniale (Contextes et situations socio-économiques entre 1940 et 1960). La rencontre de l’Autre engendre une violence (État indépendant du Congo : guerre et droit) et suscite l’émergence d’un contrôle par un appareil judiciaire peinant appareil judiciaire peinant à imposer l’État de droit sur la raison d’État (Justice coloniale). Enfin, l’ouvrage interroge la manière dont le binôme métropole-colonie se positionne face à de grands défis de l’ordre international : Eurafrique, nationalisme et communisme (Entre concepts et mouvements politiques).
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Le gouvernement bicéphale de l’Ètat indépendant du Congo et le red rubber

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Le Gouvernement bicéphale de l’État indépendant du Congo et le red rubber

Pierre-LUC PLASMAN

Assistant, Université catholique de Louvain

I. Introduction

En 1989, lorsque Jean Stengers publie son recueil Congo. Mythes et réalités, il ne pouvait pas mieux synthétiser dans une formule un trait caractéristique de notre histoire commune avec le continent africain qui est non seulement la permanence mais aussi la résurgence de mythes qui sont avant tout d’essence politique. Ceux-ci se greffent autour de deux personnages agissant aux termini ad quem et a quo du Congo colonial, à savoir : Léopold II et Lumumba.

Les travaux relativement récents de Daniel Vangroenweghe et de Jules Marchal, repris par ailleurs par Adam Hochschild, se sont focalisés sur l’exploitation outrancière du caoutchouc et sur ses conséquences tragiques – mieux connu sous l’appellation « caoutchouc rouge » ou « red rubber » – ainsi qu’incidemment sur la responsabilité du Roi-souverain1. De même que leurs héros – Edmund Morel et Roger Casement –, ils sont suivis dans leurs dénonciations par des auteurs renommés. Au début du XXe siècle, Mark Twain et Arthur Conan Doyle avaient pris la plume. Il revient, aujourd’hui, au prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa de consacrer un roman à la figure du consul Casement2. Si leurs démarches sont porteuses de sens dans une société attachée aux droits de l’homme, elles n’en occultent pas...

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