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Les racines populaires de la culture européenne

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Edited By Jacques Delneste, Jacques Migozzi, Olivier Odaert and Jean-Louis Tilleuil

L’émergence d’une culture de masse multimédiatique en Europe, à partir des années 1830, s’est traduite par une amplification et une accélération des phénomènes de circulation et d’adaptation des œuvres à l’échelle internationale. Dans ce contexte, pourquoi certains auteurs, certaines figures et certains genres ont-ils essaimé plutôt que d’autres ? Comment ces produits culturels ont-ils circulé, en subissant quelles contraintes, quelles transformations ? Quels ont été les acteurs de cette ouverture des cultures nationales à un contexte international ? Comment les éditeurs, notamment, ont-ils contribué à la diffusion des œuvres et des récits en mettant en place des stratégies de traduction ou de plagiat à peine déguisées, ou encore en constituant des collections d’origine étrangère ?
Cet ouvrage collectif tente de répondre à toutes ces questions et à bien d’autres encore en étudiant les phénomènes de circulation transnationale et d’adaptation transmédiatique des produits culturels.
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Deuxième partie. Circulation des figures mythiques

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CIRCULATION DES FIGURES MYTHIQUES

 

 

 

 

Si l’industrialisation de la culture a favorisé la circulation des œuvres, elle a aussi donné lieu à une intensification des jeux de reprise et d’adaptation. C’est ainsi que d’un pays à l’autre, et d’un média à un autre, de nombreux personnages, issus de la tradition populaire ou d’une œuvre princeps identifiable, ont été copiés et/ou réinventés par différents auteurs, producteurs et éditeurs, au point de gagner, avec la matrice narrative qui leur est associée, une existence autonome, indépendante de leur inventeur et de leur contexte original. La littérature populaire et la culture médiatique sont riches de ces figures mythiques, héros récurrents aux noms et aux formes parfois variées, mais reconnaissables entre tous, et ce, d’autant plus aisément qu’un cas particulier constitue le plus souvent la face visible de l’archétype, dont il devient le nom commun. Le bretteur et d’Artagnan, le détective et Sherlock Holmes, le gentleman cambrioleur et Arsène Lupin sont autant de personnages et de catégories de personnages qui ont connu, au départ d’une œuvre singulière, une exploitation plurielle, internationale et transmédiatique.

Ces figures mythiques sont soumises à un large spectre de traitements, de la simple copie plagiaire à la réinvention lointaine, en passant par les multiples possibilités de crossover, de détournement ou de pastiche dont raffole la...

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