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Entre belgitude et postmodernité

Textes, thèmes et styles

Series:

Marc Quaghebeur and Judyta Zbierska-Moscicka

Un autre livre de cette collection, De la belgitude à la belgité, s’attachait à la fortune critique et au renouvellement foncier que la Belgitude apporta aux études consacrées aux lettres belges francophones. Celui-ci s’attache à la dynamique créatrice elle-même. Il le fait à travers des œuvres qui précèdent, accompagnent ou font suite à ce mouvement de remises en cause et en perspective que fut la Belgitude.
D’Hubert Juin et Henry Bauchau à Pierre Mertens, Thomas Gunzig, Nicole Malinconi, Françoise Mallet-Joris et bien d’autres, le lecteur peut ainsi se colleter à une dynamique littéraire féconde, riche de mille et un jeux d’affirmation/travestissement identitaires. Origine historique et spécificités de ce mouvement sans véritable équivalent européen sont ainsi mises en exergue au travers d’une plongée qui est à la fois celle de la fin de la modernité en Europe et, pour la Belgique, de l’entrée définitive dans le fédéralisme étatique. Le texte éclaire tout autant le perpétuel jeu de rapports belgo-français que l’empreinte du silence d’Auschwitz sur la dynamique de cette génération.
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La Mémoire d’un paysagiste : autour de Paysage avec la chute d’Icare de Pierre Mertens

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Julia ŁUKASIAK

Université de Varsovie

Pierre Mertens entreprend d’écrire Paysage avec la chute d’Icare, livre-hommage à Breughel, en 1958. L’auteur aperçoit une analogie entre son projet et celui de Marcel Proust : il veut « écrire une espèce de Recherche du temps perdu […] mais avant même de l’avoir perdu »1. Cependant, il semble que chez le romancier belge, l’image joue un rôle plus important que chez l’auteur français : dans ses souvenirs d’enfance apparaissent de multiples références implicites et explicites au tableau de Pieter Breughel l’Ancien, Paysage avec la chute d’Icare. C’est l’image qui se trouve à l’origine de son œuvre et devient, en somme, sa madeleine. La trilogie de Mertens, tirée de ce premier manuscrit et comportant L’Inde ou l’Amérique (1969), Le Niveau de la mer (1970), et La Fête des Anciens (1971), constitue une sorte d’album de la mémoire, composé d’images-souvenirs. Il nous paraît possible d’établir une ressemblance entre la construction de la trilogie de l’auteur belge et l’œuvre d’Aby Warburg, l’historien de l’art. Le projet de L’Atlas Mnémosyne est également issu de la mémoire involontaire. Warburg conçoit son atlas de la mémoire entre 1924 et 1929, année de sa mort, comme une combinatoire de reproductions d’œuvres de l’Antiquité, de la Renaissance, d’informations de presse, de photographies faites par l’auteur lui-même, de timbres postes et de publicités. Les images sont accrochées par des...

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