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Entre belgitude et postmodernité

Textes, thèmes et styles

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Edited By Marc Quaghebeur and Judyta Zbierska-Moscicka

Un autre livre de cette collection, De la belgitude à la belgité, s’attachait à la fortune critique et au renouvellement foncier que la Belgitude apporta aux études consacrées aux lettres belges francophones. Celui-ci s’attache à la dynamique créatrice elle-même. Il le fait à travers des œuvres qui précèdent, accompagnent ou font suite à ce mouvement de remises en cause et en perspective que fut la Belgitude.
D’Hubert Juin et Henry Bauchau à Pierre Mertens, Thomas Gunzig, Nicole Malinconi, Françoise Mallet-Joris et bien d’autres, le lecteur peut ainsi se colleter à une dynamique littéraire féconde, riche de mille et un jeux d’affirmation/travestissement identitaires. Origine historique et spécificités de ce mouvement sans véritable équivalent européen sont ainsi mises en exergue au travers d’une plongée qui est à la fois celle de la fin de la modernité en Europe et, pour la Belgique, de l’entrée définitive dans le fédéralisme étatique. Le texte éclaire tout autant le perpétuel jeu de rapports belgo-français que l’empreinte du silence d’Auschwitz sur la dynamique de cette génération.
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Paradis perdus et retrouvés dans quelques œuvres de Jean-Claude Pirotte

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1

Samuel LEJEUNE

Université d’État de Saint-Pétersbourg

Dans Brouillard2 (2013), Jean-Claude Pirotte semble assumer une identification au narrateur, à son histoire, avec une lisibilité telle que le titre fait figure de sursaut pudique, tel un voile de brume qui permettrait de se mettre plus commodément à nu.

Pour truquer les livres, il suffit d’antidater, de postdater, de ne pas dater, de n’inscrire que ce que l’on veut, de brouiller les chiffres, de dénaturer le réel. Le seul fait d’écrire dénature, on ne le sait que trop.3

Ceci posé, qui plus est d’emblée, on peut tout dire. Même la vérité. La culpabilité, explicite, a valeur ici de fil rouge. Ou de fil d’Ariane dans le labyrinthe des souvenirs et de leur relais que sont ces pages disparates de carnets soi-disant retrouvés. Culpabilité du double de l’écrivain vis-à-vis de sa première femme tout d’abord, épousée à contrecœur et comme pour honorer une dette qui n’était pas la sienne, par une faiblesse qui rappelle cette fameuse pitié dont Zweig a démontré la dangerosité dans un roman célèbre4. Culpabilité qui se répète ensuite vis-à-vis de l’enfant née ← 159 | 160 → de cette union et abandonnée. L’auteur, quoi qu’il en soit, a la culpabilité créatrice, comme d’autres ont le désespoir fécond. La part d’aveu de cette dernière publication ne peut...

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