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Stations en tension

Vincent Vlès and Christophe Bouneau

Pour son projet, l’action touristique a besoin de connaître les éléments constitutifs, contributifs aux trajectoires des territoires afin d’accompagner, par des politiques publiques adaptées et en les infléchissant, les évolutions prévisibles. Un certain nombre de mutations relevées ici montrent le rôle majeur de l’innovation pour leur devenir.
Aujourd’hui, les stations touristiques connaissent des conditions de production très différentes dans leur processus de développement. Les tensions de cette dernière décennie ont fait apparaître un doute porté sur le processus de développement touristique engagé depuis deux siècles. Les changements actuels, dans un contexte économique, social et culturel chamboulé, montrent avant tout des stations en tension, leurs mutations semblent marquées par des phases d’accélération ou de ralentissement qui relèvent de trois domaines différents, traités dans cet ouvrage : les processus de territorialisation, l’adaptation au changement et le management des destinations.
L’ouvrage vise à qualifier les différents indicateurs des formes des trajectoires des stations et de leurs aires touristiques : la ressource, le capital, les capacités (sociales, de formation, économiques), la notoriété, la réputation (l’imaginaire et les symboles, les expériences et les vécus), la gouvernance, les politiques d’adaptation et de changement comme apprentissage de nouvelles formes d’action collective sont autant de facteurs que la recherche mobilise avec utilité. Ces indicateurs aident à construire la ressource touristique, permettent sa valorisation, ils servent d’outils pour mettre en œuvre des dynamiques d’innovation et aident à la définition du projet de station et de territoire touristique.
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6. Les stations thermales françaises entre tradition et innovation

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Marie-Éve FÉRÉROL

Sous couvert d’entretien de leur santé, mais en fait en quête d’hédonisme et d’oisiveté, l’aristocratie et la bourgeoisie affluent volontiers dans les villes d’eaux françaises, que ce soit à la Belle Époque ou lors des Années folles. Ce phénomène prend cependant fin après la Seconde Guerre mondiale. En 1947, la cure thermale est en effet désormais remboursée par la Sécurité sociale. Dans une logique scientiste et médicale, on gomme toute référence à un système ludique et au bien-être tout simplement. Certes, avec cette démocratisation, les effectifs des curistes explosent et ne cessent d’augmenter jusqu’en 1988. Mais cette clientèle est beaucoup moins solvable que l’ancienne et elle ne reste que trois semaines (durée réglementaire d’une cure) alors qu’avant les séjours duraient plusieurs mois. Dans les années 1990, commence une crise structurelle et conjoncturelle. Les villes d’eaux subissent une véritable hémorragie de leur clientèle, la fréquentation nationale passant de 636 439 curistes en 1988 à 539 661 en 1998. Pour beaucoup d’entre elles s’est ouverte une période de remise en question qui n’est pas encore terminée. Néanmoins, force est de constater que les stations thermales françaises sont encore au XXIe siècle des destinations recherchées et qu’elles représentent des pôles touristiques importants dans les régions où elles sont présentes.

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